LA RE\TE SOCIALISTE La presse économiste et réactionnaire ayant beaucoup critiqué le refus opposé par le Congrés à la proposition de créer une caisse de preYoyancc; nous croyons deYoir reproduire les raisons de cc refus, dé,·cloppees par le citoyen Guérard. On ne saurait mieux l\irc: ,c ..... ~c serait-cc pas aider ceux-la même qui nous exploitent que de les dégager d'une partie de leurs obligations a notre égard, en allégeant, - oh ! bien ïmparfaitcment - notre misêre commune? ~c craint-on pas, si on se lançait sur cette ,·oie imprudente, grosse d'imprérns, de difficultés peut-être insurmontables, qu'on arrive peu a peu à s'entêter à surmonter ces difficultés, et négliger par cela même le syndicat, sa cause, ses effets ..... « Mais il faut bien le constat.:r, beaucoup en sont ~rri,·és à ne plus considérer dans le syndicat qu'une sorte de garantie contre les risques professionnels, contre les n:vocations injustifiées, etc.; mais l'œunc d'émancipation entn:prisc par le syndicat paraît pour cela n'être qu,: secondaire. « C'est là une constatation qu'il est nécessaire de faire, pour réagir contre cc sentiment d'égoïsme qui fait envisager l'avantage personnel immédiat que !'ou peut retirer du groupement, au lieu de poursui,-re sans relâche sa tfiche si grande, si noble, mais dont la réalisation est peut-être encore éloignée, de notre émancipation intégrale, que poursuit le syndicat pour notre a,·enir, celui de nos enfants, celui de l'humanité. « Qu'on y prenne garde, on se promettra bien, au dL;but, de ne pas n<!gliger le syndicat, mais insensiblement, par cc scntimc1Jt d'égoïsme naturel chez l'homme, dans la société actuelle, qui le prive de son nécessaire, nous ,·errions nos syndiqués s'attacher tout spécialement :'l l'entreprise nou,·clle et abandonner peu à peu hl lutte que le syndicat a entreprise ..... « Notre syndicat n·est pas bien riche, il reçoit des cotisations très faibles; elles lui suffisent pour faire une propagande incessante et amener à nous tous nos camarades décidés à ne plus se laisser exploiter. C'est là le seul but à . poursui,-re et pas un autre ..... « Les camar.tdes, auxquels leur situation, leurs charges de famille permettent de distraire une petite somme de leur salaire, peu,·ent - en attendant lâ ,·ictoirc du syndicat - s'adresser à La Fraternelle pour augmenter leur retraite, à !'Orphelinat des chemins de fer (l'honrn'.:te, celui de la rue du Temple, q.7) pour protéger leurs enfants, aux Sociétés de secours mutuels de leur ,·ille ou à celles organisées par leur section syndicale pour leur famille en cas de maladie, leur ,·em·e en cas de décès. « Ces Sociétés, facultati,·es, aideront ceux de nos camarades qu'une prospcrité relative fayorise déja; tant mieux, nous sommes heureux de leur bonheur. Quant à ceux, nombreux, la grande majorité, qui, n'ayant pas le nécessaire, ont encore moins le superflu, n'auront pas accès dans ces Sociétés « philanthropiques·», ils comprendront que le seul moyen de faire cesser l~ur situation de misérables salariés, c'est de· lutter, lutter encore, lutter toujours, jusqu'à l'avènement d'une Société débarrassée des parasites, qui leur ,·oient leur salaire et qui insultent à leur misi!rc en ne daignant pas les secourir. »
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