La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

752 LA RE\TE SOCIAi TSTE c'est parce que tout cela existait dans la Yic qu'on le recherchait si Yolonticrs dans les liHcs. » Et :i l'in\'crse, c'est en introduisant de plus en plus ces sentiments dans les li\'l'cs que M. Albalat leur \'CUt rendre la place d'honneur dans la ,·ic. C'est Li un platonisme, un sentimentalisme fort respectables, mais n'oublions point que Tf'cr!hcr naquit de cc goùt du romanesque et que les effets en furent terribles, au dire mC:mc de M. Albalat. D'ailleurs, ;i quoi bon ces distinctions, cette classification d'herbier des amours par familks? L'.\rt n'est-il donc pas l'intime et l'intense expression de la Yic, de l'amour par conséL1uent a,·ec ses n:\'CS et se~ brutalitcs. Pascal, qui Yi\·ait au temps de l'idéal M. de :r-.lontausicr, n'a jamais passé pour immoral; c'est de lui pourtant cette boutade:« L'homme n'est ni ange ni bC:te, et le malheur \·eut que qui ,·eut faire l'ange fait la bête. » Dans 11.: même recueil (numéro du I 5 mai), la première partie d'une étude très intéressante et documcntéc de :r--1. de Rocquigny sur la Coopéra!io11 d1111s les Â1'/111;l'S. L'auteur, après a,·oir montré les nombreux a,·antages que procure la coopération de consommation, étudie les résultats donnés par son application dans tous les pays par le~ ~ociétés d'ofliciers. Il y a Li de curieux documents sur les as~ociations militaires anglaises, allemandes, italiennes, autrichiennes, russes, holL111daises. L'ctu<lc des socictés françaises analogues complétera l'ensemble. La RE\'lï: DE PARrs, dans ses deux liHaisons de mai, public une très fine étude, remarquablement précise et claire, de ,\l. Eugène Lamy sur le SN011tl E111pirel ll's Ouvriers. L'auteur expose d'abord comment, pour faire pièce ;i la bourgeoisie républicaine et anti-cléricalc, l'empereur résolut de s'appuyer sur les ou, ricrs. ?liais« comment connaitre les besoins et les désirs d'hommes ;i qui le droit de délibcrcr sur leur condition était refuse? L'Exposition qui, en 1862, s'ounait ù Londres offrit l'accès l}U'on cherchait. » On résolut d'en\'oycr, comme ù la préccdentc, des Ou\Ticrs aux frais des patrons. Cnc lettre dans le Sihll' annonça que « les ou,.,-icrs ne se considércrairnt p:1s comme représentés s'ils ne choisissaient cux-mèrnes leurs mandataires. » L'auteur de cette lettre était l'omTicr ciseleur Tolain. On accéda;\ son désir. ,\ Londres, les délégations ounières se rencontrcrcnt, et dans cc congrès fut conçu le projet d'établir une société internationale des TraYaillcurs. \'ers cc moment furent \'Otées deux lois ,1pportant un changement profond dans les droits reconnus aux ou Hiers, l'une leur permettant de créer des sociétés de consommation, l'autre reconnaissant le droit de grè,·c. L'Internationale fut alors définiti\·cmcnt constituée le 28 septembre 1S6,f. Parmi les délégués Je la section parisienne: (< Camélinat, monteur; \'arlin, relieur; ;vlalon, journalier. ,i - Puis ,·i(nt un exposé très clair de l'histoire de )'Interna-

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