f . REVUEDESREVUES 751 Gerhardt Hauptmann est un écrivain de quelque importance, doué d'une incontestable fécondité et d'une certaine puissance dramatique. Cet ayeu est prccieJJx à enregistrer : sans lui, comment aurions-nous pu expliquer le. succès au « Théâtre Libre >> et des Tisserrwds et de l'Asso111ptiod!I'H(11111eMeleatteni? Il en faut remercier M. Rod. Dans la NocYELLEREYUE(numéro du 1er mai), M. Antoine Albalat croit partir en guerre contre la littérature actuelle en exposant ses idees sur l'Amour bo!lnèledans le ro111a!I. D'apr<':slui, les horreurs naturalistes ne sont pas d'inYention récente et elles ont de tous temps existe à côte d'œuvres « honnl:tes »; on lisait des récits épiques et des lines très purs à l'époque de Brantôme et des « Cent 11011velle1s1011vel.l.e.s J> A côté de la Princessede Clèves, il y a\·ait des gaudrioles, des chroniques scandaleuses et les contes de La Fontaine. Le dix-huitième siccle asu la pornographie de Crébillon, les romans de Rétif, Es/elleet Némoriu et Paul et Virgi,,ie. - L'amour n'a donc pas évolué, il a recommencé. Puis l'auteur pose nettement la question, dont la solution est le but de son étude, « la question <le moralite en littérature.- Y a-t-il, oui ou non, de bons et de mauvais livres ou seulement des li\Tes bien faits et des livres mal faits? >> Mais, laissant de côté le mérite propre de l' œuYre, M. Albalat cnYisage surtout ses conséquences sociales, son influence; la théorie de l'art pour l'art peut s'imposer à l'artiste, la thforie de la moralité s'impose a l'observateur. « Lorsqu'on voit TVerlher produire, en Allemagne, une <.':.pidemiede suicides et la représentation des Briga11ds pousser les jeunes gens dans les montagnes, on est bien forcé de conYenir que certaines œuvres superieures peuvent aYoir des consequences immorales, d'autant plus desastreuses que l'ouvrage sera meilleur. » Or, pour l'auteur, les romans naturalistes sont moralement déplorables : « l'amour realiste ne peut pousser qu'au Yice». Son spectacle n'a cependant rien de séduisant, par conséquent de corrupteur. Pourriez-Yous conceYoir que la lecture <le l'Asso111111oir a t jamais doni1e a un homme la passion de l'alcool? Qu~ntcnd donc M. Albalat par <i amour honnête »? Serait-ce cc complexe sentiment conjugal fait trop souvent de reconnaissance pour une dot et d'espoir en un heritage? Non pas, c'est« cet élan d'honneur et de droiture en matière de tendresse qui fait partie de notre nature, qui est la raison et l'origine mêmê du roman en France. » Dans nos Cbans011dse Geste, d'abord, « ce qu'on célébrait, c'était l'amour idéalise, transfiguré, fidèle, ce qu'il y avait de genereux dans l'éternelle aspiration de la tendresse humaine» _Puis vinrent l'Astrée, le Grand Cyrns, la Pri,,cesse de Clèves.. Ce fut l'époque où l'on voyait « M. de Montausier courtiser pendant quatorze ans l'éthérée Julie d'Ange1111es,dont il gagna le cœur par les madrigaux de sa G11irla11dee Julie... loyauté dans l'amour, besoin d'ardeurs épurées, idéalisation de la tendresse,
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==