La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

REHJE DES REYUES ï49 le Fossoyeur, symbolise, aYec une étrange intensité d'expression, l'éternelle misérc de la mort. L:i-bas, Dans k jardin des ifs et des trépas, Depuis toujours un homme bêche La terre sèche L'hi,·cr, le froid y fcnd les pierres L'été, pendant les juins, on y entend Par le silence haletant, \ïvre la mort qui germe au fond des bières. . . . . . Les bières - avec des pleurs et des prières - Immensêment suiYent les bières. Au long des champs, au long des clos, au long des bornes Du fond de l'inconnu d'où l'dfroi corne. Plus chaudes, sinon plus puissantes sont les Ri111esocialistes, que, chaque semaine, CloYis Hugues donne au CHAMBARDla, Yaillantc feuille satirique que dirige Gérault-Richard. Dans le dernier numéro (2 juin), c'est à propos de l'anniYcrsairc de la semaine sanglante, une piece datée de 1872, écrite en prison. Elle est intitulée: Dn11sla rue. C'est la guerre civile. Un régiment est lit, Fusillant les nincus pêk-méle. Or, voilit Qu'un homme en blouse passe. On le prend, on l'adosse Contre un mur, sur le bord sinistre de la fosse Où d'autres sont couch~s, livides. Mais l'homme se défend, il n'a commis aucun crime, il traYaillc, il chérit ses petits enfants comme il aime la Republiquc. Que lui rcprochc-t-on ? - Est-cc vrai que l'on tue? Est-ce vrai que l'on pille? Je l'ignore. Je sais qu'on devine mon pas Quand j'entre à la maison le soir. Oh! n'est-ce pas, Que vous ayez pitie de tout mon petit monde. L'éclair brille. On entend dans la fosse profonde Le bruit d'un corps qui tombe. Et comme l'officier demande cc qu'a fait cc bandit Qui n'a pu sans discours à la mort se résoudre. - Au dire d'un sergent, ses mains sentaient la poudre. lui est-il répondu. Et toute l'horreur de cette sccnc nous apparaît plus Yivante encore, gràcc à l'illustration de la page precédcnte. C'est le mur sinistre, le mur où s'accrochent, en signe de deuil et d'espoir, les couronnes d'immortelles rouges, le Mur au pied duquel

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