7-1-8 LA RE\'CE SOCI.\I.ISTE l'étrange et myst<'.:rieuse force Je !'Art, qui entraine les foules en faisant battre,\ l'unisson les cœurs, et je pensais que peut-être, mieux que de sa\·antes conférences, la pocsie et le drame nous gagneront des sympathies. Une larme, un frisson \'aient tous les chiffres du monde, surtout pour nous, français, tout d'impressions et de sentiments. Cette même idce me ressaisit en lisant dans !'ÈRE XOCYELLE(numéro de mai) des strophes de M. Marcel Mouton: Les .\fisére11x. lis s'en vont :1 pas de chenilles, Loquekux, trai11.111lteurs guenilles, Les ~lisércux. Ah! quand sonnera l'heure ulti1rn.: De cc partage légitime Entre g,lvés 1..:t désireux, La vieille hu111a11itévor.1ce \rcrra s'ané:1.ntir la ra~c Des Miséreux. L'idée est géncrcusc, mais in\·olontairement re\'ienncnt à ma mémoire, sans que je Yeuillc comparer, ces \'ers de celui qu'aimait tant Benoit I\[alon, le tendre Sully-Prudhomme . . . . . . Un jour, quand sauvés des templks ci,·ilcs, Les ho111mcs, dans l'.1ir libre, élargiront les villes Et des clumps di,·isés aboliront les murs. P.tisiblcs et nombreux comme des épis 111ùrs Ou s'c.:veille sans cesse et meurt et recommence Cn grand hymne qui court d,111s1111sourire immense. Heureux les altér.:s de justiêe, ils boiront. Heureux les purs, leurs yeux vont goùter b lumii:rc. Heureux les doux, ks doux possé,kront h t..:rr..: ! N'est-cc pas à une semblable musique de la pensée et Je l'expression que doit tendre aY,rnt tout le po<'.:te? C'est en effet cette harmonie de la forme, alliée à la profondeur des idées, qui donne aux poésies de M. \'erhaeren leur charme et leur puissance. Un moment, une ccolc littéraire a pu croire que les mots importaient plus par leurs sonorités que par leur signification. Et les disciples des pamassieus furent rlécarlmts ou i11s!ri11111'11tistes. Puis on se lassa de parlcr pour ne rien dire et, les nouYeaux \'Cnus, sentant que !'Art ne Yit que par cc qu'il a d'humain, cherchent à allier l'originale perfection Je la forme à l'clcYation des idces philosophiques, sociales, ou pour tout dire d'un mot, lm11111i11l's, qu'ils tentent d'exprimer. Du résultat de leurs efforts on peut j ugcr par les deux trés remarquables picces de M. Emile \'crhacrcn, que public, dans son numcro de mai, la SOCIÉTÉXOCYEI.LEL. 'une d'elles, pour ne parler que de celle-là,
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