REYUE DES REYUES 747 REVUE DES REVUES LITTÉRATURE ET PHILOSOPHIE L'autre soir, à la Maison du Peuple, entre les deux vigoureuses pil'.:ces de Mme Paule Mink, que, pour son inauguration, nous donnait le THÉATRESOCIALn, ous ayons entendu Les J11ce11dinires, d'Eugcne \'crmesch. Les Yers sonnaient, rhythmcs comme un pas de charge, par la Yoix enthousiaste du rccitant,,M. Georges Dupont, de la Renaissance. Tout d'abord, c'est Paris en feu, et les syllabes, sinistres comme le tableau qu'elles peignent, se heurtent ayec des sonoritl'.:s de clairon: ..... Qlland l'incendie horrible triomphait, Une voix dans mon cœur criait : Ils ont bien fait. Puis la melodie, subitement adoucie, chante les rê,·es et les espoirs et les amours du poète, ses aspirations Yers la justice, vers la paix, si Yives qu'elles le rendent sans pitil'.:: J'abhorre l:t guerre et je rcve Aux siècles lointains ou le glaive Aura l:t forme d'une faux, Où l:t gloire n'aura de palmes Que pour les héros forts et calmes Faisant des biens avec nos maux. Les 'iambes enfin reprennent, Yengeurs impitoyables des esperances deçues, marquant la cadence sinistre, le glas prochain de la socièté bourgeoise, écrasée dans le sang et la cendre par la justiciére réYolte des gueux. Et, pendant qu'au milieu des applaudissements la salle tout entière vibrait, étreinte encore par la passion tragique de ces vers qui sentent la poudre, pendant que le rideau se leYait sur la poignante étude de Mme Mink : Le Pain de ln Ho11te, des rimes me chantaient aux oreilles, nerYeux refrains de Pottier, rêveries harmonieuses de SullyPrudhommc, rhythmes sonores de CloYis Hugues ; je songeais à
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