La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

7-+ l J..\ RE\T E SOCIALISTE montn.:, pour son héroïrn.:, la nécessité fatale de ct: que l'on t:st conYcnu d'appeler son aYilissum:nt? Son mari t:st ;\ l'hôpital ou s,111straYail, ks t:11fo11tsoufli-rnt, ils ont faim. La famille a épuisé les st:cours dt: l'Assi~unœ publique, si humiliants pour un homme que, dans une société mieux faite, son tr,1Yail deH,lit nourrir. La pam-re frmmc est lasst: d 't:1ltt:ndre gémir ks petits d:rns Li désolation du mornt: logis. Personne ne kur Yicndra rn aide. Tous les objets ayant quclqlll: ,·alcur sont cn- ,r,wés. li n'y a 11lus L]U'ù mourir. !\bis la mcrc se réYolte contre cette t, ~ ., idée d'ané,rntir cc qu'dlc a créé, die se souYit:nt que, dans l'état social actuel, son corps aussi t:st une Yalcur. Elk se donne. Qui sera· sé,·1'..reà s,1faute? Les glorificateurs de la société prést:nte n'auront euxmêmes qu'une moue d'indifférence impuissante. [b sentt:nt que ces hontes sont fréquentes t:t, d't:ux-mêmcs, ils les classent aYec tranquillité parmi ce qu'ils appellent les « nécessités » dt: leur ordre social. Comme si un ordre soci,1I qui comporte de parcilb, nécessités, qui laisse encore des gens sans pain sombrer dans l'infamie parœ qu'ils sont affolés par la détresse., était un ordre social 1Tspt:ctablc ! Je comprt:nds moins la signification t:t j'apprécie moins la justt:ssc de la seconde picce de ;,.,{me P.nrle l\[ink, représentée le même soir. Elle met en contact un représentant de l\.:sprit religieux et de l'aYidité conYentuelle a,·ec un homme de la Yic libre. Le premier incarne toutes les infamies et tous les égoïsmes; le second, toutes les noblesses. Cette rép.irtition est trop arbitr,lÎre. Ces deux êtres, en tant qu'indiYidus, n'ont aucune réalité; car, LLlns la Yie, l'abjection et le mérite ne sont p,1s aussi cxclmi,emc11t distribués et ne s',1fli.nncnt pas aYcc cette franchise. Peut-être ne sont-ils, d.111sl'esprit de l\l111 e P,ntlc I\link, que la représentation de l'esprit religieux et de l'intelligence humaine affranchie, et ce débat moral deYiendrait alors moins simpliste. Le christianisme, qui apporta des idées de justice et de bonté, qui fut, lui aussi, un affranchissement, aurait de meilleurs arguments à faire Yaloir pour la conquête des .imcs et ~[me P,rnle ;,,[inck aurait pu, sans doter de toutes les tares le représentant de l'idée religieuse, montrer néanmoins k triomphe de l'esprit moderne, triomphe iné,·itable, puisqu'il correspond mieux ù tous les désirs de l'homme, puisqu'il est fait de justice et non de pitié. Cc triomphe n'en aurait eu guc plus de signification. D'autre part, il semble que n[me Paule I\link se soucie daYantage d'affirmer éloqucmmcnt des théories sociales que de les faire se dégager des actes et des rnou,Tmcnb de l'àme de ses personnages. Elles perdent ainsi ce caractcre de leçon de choses et de certitude que seuls donnent les faits. Elles apparaissent trop intentionnelles, tandis que si clics surgissaient, éYidcntcs, nécessaires, d'une logique démonstration dramatique, clics seraient plus probantes. C'est pourquoi nous ne dcYons jamais oublier qu'une forme d'art est indispensable ù l'expression des

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