7-1-2 LA RE\'t;E SOCIALISTE humanitc et la Ycritc de notre ctat moral, ont montre quelques-unes des dcfaillanccs causces par les cornplexitcs de la Yie sociale actuelle. ~ul n'a p1ùendu rcsumcr en cinq actes toutes les infamies dont l'argent est la cause. Mais chacun montre un rayage particulier dans l'esprit, dans le cœur, dans un fait de la Yie ou de la famille. L'ensemble de ces pièces est un dur rcquisitoirc. Si l'on pense que la littérature et l'art sont les indices de toutes les inquictudcs morales d'une cpoque, on acquiert la certitude que jamais l'argent n'cùt une prépondcrance plus ncfoste. Sans cela, Molière, Bc:rnm,1rchais, etc ... nous auraient fait Yoir, a,·cc leur luciditc conYaincante, les dépressions dont il est la source. Le Théùtre ancien nous décrit des passions ou des Yices et nous en laisse sentir le d:ingcr, Molière étudie le culte de l'argent en tant que passion humaine, mais non dans ses rapports aYec le monde, non dans son influence extcricurc. Lesage a touché à la finance dans son T11rcnrel. Pourtant il faut attendre Augier pour que les bassesses, dont !'Argent csr producteur, apparaissent. Or, on ne peut admettre qu'Augicr ait aperçu le premier son rôle néfaste, qui aurait cchappé à Molière. Mais simplement, après les cahots de l'Empire, la socictc nouYclle, issue de la RcYolution, Yenait de SC constituer. Elle ctait bascc sur la jouissance et la richesse. Elle portait en clic son danger: la cupidité et les compromissions, dont clic est l'origine. Au temps d'Augicr, sans doute, ses t:ircs ctaicnt moins apparentes qu'aujourd'hui. Les ambitions de luxe n'étaient peut-être pas aussi générales et excessiYes; les conditions du tr:iY:til ct:iicnt moins pénibles et les misères moins cffropblcs. D':iutre part, l':itmosphèrc de lucre n'ayait pas encore eu le temps d'affaiblir certaines idées morales prcscrYatriccs. Néanmoins, le ràlc déprinrnnt de ]'Argent dans la socicté noll\·clle n'échappa pas à la diYination de Balzac et à la clairYoyancc d'Augier. Je n'ai pas à parler ici du premier. Mais le second nous indiqua, non par des déclamations, mais par des faits logiques, le pèril de l'argent et du désarroi social, ~t si ses conclusions ne semblent pas absolument fayorablcs à une plus complète èinancipation de l'homme, du moins il signale b menaçante incohèrcncc d'une sociètc qui met en pratique certaines conquêtes de la RéYolution et en n.':prouYc d'autres, qui en sont les conséquences. Dans les Ejfro11/és particulièrement, il insiste sur la situation du peuple, auquel on donne l'instruction et la liberté, le sentiment de ses droits à un sort plus équitable et à qui on n'a pas fait la Yie matèriclle meilleure. Dans les Lio1111ePsauvres, reprises le mois dernier au thèùtre du \'audeYille, il montre la souffrance d'un honnête homme Yictimc del' Argent, puisque sa femme, pour satisfaire ses goùts de luxe, s'abandonne à qui la paye, et cela presque inconsciemment, le plus
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