THÉATRE j . j[ nobksse J';une. Il rend cruel, éteint les sentiments Je bonté, JégraJ-: et rétrécit l'esprit. Il est la source dl's capitulations dl' conscience, des catastrophes . familiales. Il interYient mème dans les drames de passion. Rares sont les :'urn.:s qui, Yaillamment, résistent. On ne saurait <l'ailleurs être impitoyable aux défoillancl's : elles sont un résultat; on ne peut qu'admirer ceux qui luttent honnètcmcnt contre la misère, on n'a pas le courage d'accabler les autres. i\!ais quelle épouYantablc !'.:poque que celle où l'idi'.:c fixe <le l'argent fait tant Je rayages, rl'nd malaisi'.:es lcs·choscs les plus simples et les plus logiques de la Yic, et souYent impossibles les lois mêmes de la nature ? Cu· tout se complique : L'homme, par crainte de l.i gène, hésite:\ se créer une famille, meurt sans s'être continu!'.:. L'enfant <leYicnt une charge et un danger. Quand deux êtres se lient, leur mariage n'est plus une union sympathique en Ylie de se perpétuer, c'est une association <l'inti'.:réts, le plus souYent sans intimitè <l\1mc. L'argent, 1:\ encore, fait son œm-re. On ,-eut être riche pour mieux se défendre dans la Yic; car la Yie sociale, au lieu <l'être un réconfort, n'est qu'une bataille. 0-: cette pri'.:occup;1tion d'argent dans le mariage naissent les di'.:sastres intimes, les trahisons et les aYentures. La femme, malhL'urcuse en ces tristes unions d'intérèt, \"a chercher ailleurs un peu de tendresse. AYec un !'.:poux selon son cœur, clic serait resti'.:c fiJl'.:le. Le plus souwnt, en dehors de toute sentimentalité, c'est ]'Argent qui pousse aux trahisons, parce que l.i femme, pcrYertie par la honteuse moraliti'.: de !'!'.:poque, Ycut obtenir un luxe et un train de ,·ie qul' son mari ne peut lui Jenner. C'est aussi ]'Argent qui tue la picté filiale et la rend hypocrite. Si l'on Yi,·ait plus simplement, un peu plus selon la nature, la mort des Yicillar<ls ne serait pas sournoisement désiri'.:c et la femme n'.rnrait point cc rôle Je maléfice et de bassesse que lui donne l'horreur Je la Yic sociale actuelle, être qu'on prend pour la Yalcur d'argent qu'elle apporte, qui Yend son corps pour le pl.lisir au lieu de dcYcnir mère, qui trahit pour satisfaire ses frénésies grandissantes de luxe, et pour la possession de laquelle l'homme, encore capable de passion, se ri'.:sout :\ la honte. De plus en plus, d'ailleurs, les passions se glacent sous l'influence de !'Argent. L1 perYcrsité, une folie brutale des sens tendent de plus en plus à remplacer l' . \rnour et, en présence des difficultés de la Yie, apparait la morne impossibilité d'aimer. La littfraturc, qui, dans son ensemble, reflète l'état des mœurs, montre bien cette froideur gran<liss:rnte. Il faut que l'action dissolYantc de l'argc1it soit bien sensible pour que la plupart des auteurs dramatiques de notre temps en soient préoccupés: Tous ceux qui se soucient non pas d'amuser par un complaisant étalage de nos Yices ou par une flatteuse mise en ya]eur de nos pen·ersités, mais qui cherchent à préciser le moment <le notre
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==