La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA QCESTIO'.'{ SOCIALE DHAKT LES CORPS ÊL-CS 739 député du parti ouYrier, au sujet de la suppression de la peine de mort, le prouvent bien. Dejcantc a trés bien fait valoir que la possibilité des erreurs judiciaires était un argument terrible contre la peine de mort. M. LéYeillc a répondu médiocrement, a notre aYis, par de petits raisonnements sans portee et sans Yaleur philosophique. Signalons à cc sujet un excellent et bref discours du socialiste Vaillant qui, défendant la proposition d'abolition de la peine de mort, a justement ctabli que l'adoucissement incessant des peines était en corrélation perpetucllc aYcc l'adoucissement des mœurs; l'abolition de la torture a été la consequencc de ce mouYcrnent, qui finira aussi par emporter la peine de mort. La Chambre a refusé de \"Oter la suppression de la peine de mort, mais la publicité des cxecutions capitales a etc maintenue. La journce du 22 mai sera comptce au calendrier conscrYatcur parmi les jours néfastes. C'est elle qui a YUtomber l'intéressant ministérc Casimir-Perier, et ce qui est plus graYc, à propos d'une question brûlante, l'éternelle question du respect par les grandes compagnies et les employeurs de la loi de 1884 sur les syndicats professionnels, M. Jonnart, cc jeune homme qui fait si habilement les coupures, montrait peu d'enthousiasme pour le congres des ouniers et employés de chemins de fer; il Youlait aussi, dans un accés juYenile de YerYe réactionnaire, enlcYcr aux cmployes des chemins de fer, contrairement aux principes les plus certains du droit, la faculté de constituer des syndicats. Cette imprudence a coûte cher au jeune ministre. Notre ami Millerand a réplique dru et ferme, et son discours, Yeritablc bastonnade oratoire, a chassé Jonnart et ses amis des bancs ministériels. Au commencement de la scancc, Jules Guesde aYait lu l'exposé des motifs de sa proposition relative à l'etablissemcnt de la journée de huit heures; c'est un Ycritable petit traité sur la matiére; on pourrait le recommander aux personnes qui rabàchcnt sur ce sujet les inepties de la presse bourgeoise, Yolontaircmcnt ou inYolontairement ignorante. Naturellement l'urgence demandée n'a pas eté YOtée; c'est aprés ce prélude que s'est produit l'accident surYcnu au ministère CasimirPericr. Heureusement que M. Dupuy a rcussi à constituer un ministére, tant mieux! Nous jouirons toujours de la même politique réactionnaire, excellente pour la propagande de nos idees, aYec la maladresse en plus. A. DELON.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==