La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

l.A RE\'CE SOCIALISTE L'éminent praticien de Bournemouth pourra continuer ù soigner en paix le diabète si gra\-e, auquel il a dû appliquer une médication merYcilkusc et inconnue encore, puisque le moribond ne Ya pas trop mal. Le 17 mai, la question cléricale se réYcillc de noun:au, M. Gouja:, député socialiste, interpelle le gouYerncrncnt sur les mesures que le goun:rncmcnt compte prendre a la suite de la circulaire adressée aux éYèqucs par le nonce apostolique. \'raiment, cc nonce est un peu indiscret, il a Youlu alkr trop promptement en besogne; il s'est cru chez lui. ;\lalgre la réputation de souplesse et d'habileté des ambassa- <leurs pontificaux, disons-leur qu'on ne brusque pas ainsi ks choses. Les républicains de gou\-crncmcnt sont prêts:\ baiser la mule du pape, mais il faut les y préparer de longue main. On n'abjure pas le Yicil homme en un jour. Laissez-les faire, ne les heurtez pas de front, endormez quelque temps encore leurs scrupules au:-.:ronrons assoupissants de la flatterie cléricale et Yous les ménerez plus loin que Y0US ne pensez. M. Casimir-Perier s'est montre embarrassé. Il a d<'.:claréque son gouvernement n'était point le prisonnier du clergé. La seule nécessite de cette déclaration prouYe qucl chemin nous ayons parcouru depuis quelques années. Néanmoins, le président du conseil a su ne point rompre a\·cc ses amis de la droite et ne point renier l'esprit 11011ucn11 de M. Spullcr. Comme l'a montré justement Jaurés Jans la Petite République du 20 mai, les cléricaux et les gouYernementaux ont su ne point se fâcher: ayant besoin les uns des autres, ils se sont fait des concessions reciproques; mais le caractcre équiYoque de ces concessions les condamne ks uns et les autres; les républicains trahissent à moitié l'esprit républicain; les cléricaux abandonnent leur intransigeance catholique, c'est un de ces marche~ louches, qui ne satisfont personne, on le conclut parce qu'on YCUts'unir contre le socialisme, sans comprendre quelle diminution morale, quel abaissement idéal chacun d'eux impose a son parti. L'idéal républicain et l'idéal catholique Yalaient l'un et l'autre l'enthousiasme de leurs adeptes, mais la defcnse des intérêts matériels ne groupera que les int<.':ressés. La masse pauvre, qui n'a rien à défendre, abandonnera les chefs quand ces derniers auront sali, dans un compromis sans noblesse, les deux conceptions oppost'.:cs mais grandes qui passionnèrent les foules. N'y a-t-il pas à espérer, dans cc cas, que le socialisme draine pour ainsi dire toutes ces intelligences et les rallie autour de son Yastc programme, qui répond en m;;me temps aux intérêts matériels et au besoin d'une foi, d'une espérance et d'une Yic morale. Les traditions de l'ancien parti républicain, abandonnées par les républicains de la nouvelle espece, sont reprises, heureusement, par l'opposition socialiste. La proposition relative au secret des exécutions capitales, sur laquelle s'est greffée une proposition faite par Dcjcante,

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