LA QCESTIOX SOCIALE DE\'AXT LES CORPS ÉLCS 737 se rendent compte du taux des dépenses de luxe de chacun et, averties par cc barometrc, sont instruites du moment oü des réductions de salaires pcuYCrlt ètrc imposl'.:cs. Elles logent, nourrissent, Yètissent les ouHicrs, qui, souYent, ne touchent rien en numéraire; en sorte que, sui\'ant l'aycu de M. Ranc, l'organisation du scr\'agc est completc. Le bétail humain, scion l'expression de J. Guesde, est logé, nourri, gouYcrn<'.:et exploité. - Il ne lui reste plus rien des droits de l'homme et du citoyen. La proposition a été repoussée par -1-3+\'Oix contre 82. Le 8 mai a eu lieu la trés intér.:ssantc discussion de la demande . en autorisation de poursuites contre le député Toussaint. Nous ne rcYicndrons p::i.s sur la petite comédie qui s'est jouée : La Chambre apprenant a\'.:c effarement que M. Casimir-Perier poscr::i.it ù cc sujet la question de confiance, et reYenant, a\'CC une souplesse presque canine, sur le \'Ote émis dans les bureaux. Et tout cela parce que Toussaint aurait dit (et encore le propos est nié par l'accuse) :\ un groupe de femmes furieuses : « Ne faites point attention aux insolences des gendarmes! » Il faut :1\·ouer que pour tout homme de bon sens, il n'y a\'ait pas lù de quoi fouetter mème un socialiste! Mais M. CasimirPerier en a\'ait jugé autrement. « Cet incident, dis:1it-il, n'est qu'un fait « isolé dans la lutte engagée et poursuiYie p::i.rle parti socialiste contre « le parti n'.:j-~.1blicain,, et plus loin : « Le parti socialiste se dresse « en face du parti républicain. » \'oiL\ la pensée naic. Touss::i.int ser::i. poursuiYi non pas pour a,·oir préché le calme ù des femmes furieuses, m::i.isparce qu'il est socialiste et parce qu'en défendant l<'.:galemcnt ses opinions et les intérèts de ses fn:rcs de tr:1\'ail, il lutte contre le parti républicain. Paune parti républicain! oü en est-il donc ,·cnu? Cc mot éYoquait jadis tout cc que l'ideal démocr:1tiquc a de puissantes seductions; :1ujourd'hui on oppose républicain et socialiste. Sous LouisPhilippc, à l'époque héroïque des Barb0s et des Blanqui, républicain et socialiste étaient des termes synonymes. Au point de \'UC du droit politique, 1::i. discussion a été remarquablement conduite par Millerand. Mais les raisonncmcnts lc5 plus justes ont peu de prise sur les intérèts effarouches. La g::i.icté étant bonne à l'homme, la Chambre des députés a \'Oulu se distraire un instant en discutant, comme intermède comique, l'intcrpclbtion relative a l'extradition de Cornélius Herz (séance du 10 mai) on a \'Oté un ordr.: du jour sonore et ronflant. Le gouYerncmcnt a fait des d~clarations précises. - Si on ne saYait ù quoi s'en tenir sur la \'aleur de cette sà111ce-recla111c, on tremblerait presque sur le sort <lu malh~urcux Cornelius Herz, que l'on pourrait se représenter au milieu du cirque, jeté en proie à la ferocc Ycrtu des fau\'CS de l'opportunisme. Tout cela, hetir~usemcnt, c'est pour la g::i.lerie badaude. 47
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