La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA RE\'UE SOCIALISTE Au nom du parti socialiste, Millerand a formulé, aYec sa netteté Yigoureuse, les conclusions qui résultent du débat: guerre au parti socialiste déclarée par M. de Mun, - rnajoritl'.: républicaine et cléricale soutenant l\I. Casimir-Perier dans sa lutte contre le socialisme, - coalition de toutes les forces du passé pour le maintien des abus et des priYilèges du passé, - confusion systématiquement établie entre l'anarchie, qui est le prétexte, et le socialisme, qui est le but Yisé par la politiLJUe réactionnaire. Telle est bien en effet la signification philosophique de cette séance, premier essai de rapprochement ouYert entre les conserY:iteurs YOltairiens et athées et les conserYateurs catholiques. Nous Yerrons prob:iblement, dans le courant des années suiYantes, un compromis équitable s'l'.:tablir entre ces deux fractions, dont la longue hostilité ne sern bientôt plus qu'un souYenir, preuYe bien concluante de la force du parti socialiste et de la prépondérance des intérêts économiques. D'autres séances, nombreuses dans cc mois de mai, pourrnient prêter :'t des considérations ou :'t des constatations intéressantes: telle l'interpellation de ChauYiere (séance du r"' mai) sur l'installation du PrUet de b Seine ;\ l'Hàtcl-dc-\'ille de Paris; telle la discussion sur la loi rclatiYe aux sociétés coopératiYcs. Un sujet aussi important ne peut être traité ici même succinctement. Signalons seulement, cc qui est un point capital, la proposition des socialistes au sujet des économats. Le projet de loi prescrit la transformation en sociétés coopératiYes des économats établis par les grandes compagnies industrielles dans k délai d'un an, mais il ne donne pas :'t l'autorité publique des moyens suffisants pour imposer cette tr:insformation, et foire cesser cc mode original et hypocritement habile d'exploitation commerciale et d'oppression de ceux qui sont· déjà exploités une prerniere fois comme salariés. La rédaction du groupe socialiste était nette:« Les économ:its « des compagnies de chemins de fer, de mines et de toutes sociétés « industrielles sont interdits, même lorsqu'ils prennent le titre de coopé- « ratiYes. - Les propriétaires et directeurs d'usines, de fabriques et de « toutes industries, ne pourront, directement ou indirectement, parti- « ciper ù l'administration d'une société coopératiYe de consomrn:ition. )) Basly a excellerncnt défendu cet amendement; J. Guesde, également, a montré les inconYénients de ces institutions dites philanthropiques. Il résulte de leurs discours que les compagnies réalisent quelquefois d'énormes bénéfices en nndant plus cher que le prix normal, qu'elles empêchent le déYeloppement du petit commerce, dont l'indépendance porterait ombrage aux grands seigneurs de la mine, et qui pourrait aussi faire crédit aux traYaillcurs en grèYc; possédant le monopole de l'alimentation, les comuaanies ferment leurs maaasins en cas de cessation t b V concertée du traYail, coupent les YiHes et désarment la résistance: Elles

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