08 LA REVUE SOCIAl.lSTE donne C)j o/o de sucre cristallisé, soit environ 90 o/o d'alcool pur. Cest à proprement parler un véritable 3/6 à 90° auquel il ne manque que de fermenter, et qui circule jusqu'ici librement en France, sans contr6le, sans acquit à caution, sans impàts ! » (1) Dans l'exposé des motifs de la proposition de loi ayant pour objet de compkter la loi du 14 aoùt 1889 réprimant les fraudes sur les vins et présentée à la Chambre en mars 1890 par M. Emile Brousse, député des Pyr~né 's-Orientales et plusieurs de ses collègues représentants des population,; viticoles du midi, les protestations qui prennent aujourd'hui un caractère séditieux se trouvaient déjà formulées sous la forme parlementaire suivante : ,, Il a été voté par les deux chambres qu'on pourrait yendrc trois espèces dt! ,·ins - deux de trop, à notre avis, - le vin, le , in de raisins secs. le vin de marc. Ces deux derniers ne sont. à proprement parler. que des piquettes; mais la loi leur a concédé par tolfrance la dénomination de vins. ,< Toute addition à l'un de ces trois vins, de mati~res sucrées autres que le sucre mèlé à la vendange avec réduction des droib dans un intérèt de bonification, toute addition de ce genre constitue une falsiÎlcation de denrées>limentaires. "Or, il est de notoriété publique que certains manipulateurs opèrent à plusieurs reprises le lavage des résidus de raisins secs a,·ec de l'eau glucosée, quand ils ne poussent pas l'audace jusqu'à ,·aser directement à la cuve des farineux et de l'acide sulfur;que. Ils colorent e'.1suite avec du vin naturel ce jus qui n'est autre que du mam·ais alcool obtenu en fraude sous les apparences du vin. " Le projet de loi sur la fabrication des vins de raisins secs déposé à la même époque, mais ultérieurement par M. Jamais, le regretté député du Gard et un grand nombre de représentants des populations ,·iticoles, avait également pour objet la surveillance des cuvaisons hdfrogènes des fabricants de vins artiÎlciels. Pour expliquer la demande de nouveaux impàts sur J'mdustrie moderne qui se vante de remplacer avec avantage la ,·iticulture ancienne. l'exposé des motifs du projet de loi Jamais dénonçait les pratiques frauduleuses de ces industriels par les constatations suiYantes : ,< Q\-lant à J'irnpàt de fabrication que nous vous proposons, il ne constituer;.iit pas un privilège pour la viticulture; il n'aurait pour effet que de rétablir l'égalité. rompue par les conditions dans lesquelles s'exerce la fabrication des vins de raisins secs, par le bas prix de cette matière première et le produit que l'on en retire. » Rien n'est m,oins coùteux, en effet, que cette fabrication ; 1 oo ( 1) J,a ])l'()/eclion de nos L'ins par Henri Parès. - Article publié dans le journal Le Roiissillon le 18 mars 1890.
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