1.'tYOI.CTIOX DE LA MORALE matérialiste ne prétend en aucune sorte. Il se contente de cette remarque« que les erreurs de l'éYolutionisme (comme il doit certainement y en aYoir), sont plus éclatantes dans ses formes ouYertement métaphysiques que dans ses formes matérialistes (1). Cette probabilité philosophique lui suffit. Voit\ pour la question d'orientation doctrinale. On a souYent fait aux ouHagcs de Ch. Letourncau le reproche amical de ne pas justifier suffisamment leur point de nie, de ne pas donner une discussion critique de l'éYolutionisme matérialiste. On oublie que ces ouHages font partie d'une bibliothéquc anthropologique. Cc n'est pas le momcnt_de disserter, on demande des faits bien groupés, bien ordonnés, d'aprcs une idée. directrice. Nous pensons aYoir montré que cette idée directrice existe, quoi qu'elle ne soit pas déYeloppée dans un chapitre spécial. A \Tai dire, elle est le .ressort de l'œunc entière. Elle se fait jour par des assertions positiYcs émises au courant des faits. On en a cité quelques-unes. Mais si la doctrine générale du monisme matérialiste est ferme et, pour l'auteur du moins, ne comporte pas d'oiseuses discussions dialectiques, le détail des hypothéscs particulieres peut admettre des remarques critiques. En effet, quelque position qu'on prenne au sujet de l'hypothcse inYérifiable de l'<'.:Yolution,les doutes émis n'atteignent nullement, comme on l'a remarque, la Yalidit<'.o: u la non-Yalidité des lois empiriques d'éYolution particuli<::re qu'on croit pouYoir donner comme formule proYisoirc des faits connus. Les questions de d<'.:ri\·ationet de descendance, surtout quand il s'agit de processus psychiques et moraux, sont des questions de fait et de probabilité inductiYe qui doiYent être détermin<'.:es en harmonie aYcc les données de l'obsen·ation et de l'expérience. Or, ces donn<'.:cs ctant parfois partielles, force est bieri de les relier par des courbes idcalcs, dont on peut discuter la formule sans ton1ber dans une mesquine chicane. Il ne s'agit pas de la these fondamentale de l'éYolutionisrne matcrialiste, mais des essais de géncralisation empirique particulière. Ch. Lctourneau croit pouYoir tracer assez nettement trois de ces courbes schcmatiques dont nous parlons. Il distingue quatre stades de l'éthique : 1) la morale bestiale, 2) la morale sauYage, J) la morale barbare, 4) la morale mercantile. Il faudrait y joindre la morale de l'aYenir. Ces quatre degrés de l'éthique sont « ascendants et plongent « les uns dans les autres. Les races et les groupes ethniques les mieux « doués les ont successivement graYis. Les autres se sont arrêtés soit « à l'une, soit à l'autre de ses phases » ( 2). Il est difficile de contester (1) St31lo, La Matière et la Physique moderne, p. 120. (2) L'fro/11tio11de la morale, p. 77·
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