La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

I.CTTE OC ACCORD POCR LA YIE contraire, existait seule, les corps dissociés :\ l'infini n'existeraient plus, même en apparence. Le rnonJe offre le spectacle d'une eYolution ininterrompue régie par les forces attractiYes et répulsi,·es. Les phenomenes astrono.miqucs, physiques et chimiques ne s'expliquent pas autrement. Comme la séparation qu'on croyait exister entre les substances organiques produites par les êtres Yi,·ants et les matiéres minérales a disparu pour la science, il y a lieu d'affirmer que les organismes Yivants ne sont pas soumis à d'autres lois. En est-il de même de l'évolution supcrorgani-que ou sociale? Nous· croyons que l'analogie des phénomenes légitime l'induction. La coopération sociale est un corollaire de la loi d'attraction sous une forme plus complexe ; seulement cette attraction est tantôt spontanée, tantôt rrnéchie. Quant:\ la concurrence qui régne entre les sociétés et qui rompt sans cesse l'equilibrc qui résulterait de l'action sans contrepoids Je l'attraction universelle, elle n'est qu'un corollaire de la loi de nipulsion (Ch. Putsagc, ]11sti11rit i11trlligr11Cl'; Socidé 110111 1 elle, 3°année, tome n). Aussi pouvons-nous conclure avec M. Fouillée : « Puisque la biologie et la sociologie se tiennent si étroitement, les lois qui leur sont communes ne nous révéleraient-clics pas les lois les plus universelles de la nature et d.: la pensée? L'uni,·ers n'est-il pas une vaste société en voie de Çormation, une vaste union Je consciences qui s'élabore, un concours de Yolontés qui se cherchent et peu à peu se trouvent? Les lois qui président, dans les corps, aux groupements des i1wisiblcs atomes sont sans doute les mêmes que cclh.:s qui président, dans la societé, au groupement des individus, et les atomes euxmêmcs, prétendus indi,·isibles, ne sont-ils point déj:\ des societes? S'il en était ainsi, il serait Yrai que la science sociale, couronnement de toutes les sciences humaines, pourrait nous liYrer un jour, avec ses plus hautes formules, le secret même de la vie universelle. » (Ln sciencesocialenmtc111p., introd., nr. - Ch. Spencer, Premierspri11cipes, passi111.) En d'autres termes, l'uni,·crs ne serait, scion la belle remarque de d'Alembert, qu'une immense vérité, prescntee sous divcrsts formes; il s'expliquer,1it par un axiome suprême, exprimé par des équi,·alcnts divers aux divers stalles de l'evolution. Ux PROFESSEUR.

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