La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LUTTE OU ACCORD POt;R LA \"Il:: en résulte que le déYcloppcmcnt des fonctions nutnt1,·es, c'est-à-dire de l'égoïsme (ù considérer la nutrition comme purement l'.:goïste), en perfectionnant le cerYcau, perfectionne le siège des facultl'.:saltruistes. Un disciple de Littrl'.:, M. Lucien Arrl'.:at (Rev. de phi/. posit., rnars-aHil 18ï9· -Rev. phi!., décembre 1886), a longuement montré, par l'étude des faits normaux ou pathologiques, l'influence de l'instinct sexuel sur l'altruisme. D'après lui, la forme première et commune de toutes nos inclinations sociales, la sympathie, y a son origine. Cette influence de l'instinct sexuel sur les penchants altruistes est indiscutable. Il n'y a pas lieu de s'arrêter :'t le démontrer. La preuYe a été faite maintes fois. Mais peut-être au lieu de dériYer de l'instinct sexuel toutes les inclinations altruistes, faut-il admettre un instinct primordial de sympathie générale, moins étroit que l'impulsion qui porte les sexes l'un Yers l'autre. Quoi qu'il en soit, en montrant que l'altruisme a une de ses principales racines dans l'organisation même de l'être YiYant, le positiYisme nous autorise :'t conclure que les fonctions Yitales elles-mêmes ont pour effet de produire des groupements d'indiYidus qui s'accordent pour pouYoir Yi\Tcet propager la Yic. Nul n'a mieux que Guyau mis en lumière, objcctiYcment et subjcctiYemcnt, cc caractérc d'expansion et de générosité inhérent au dé,·eloppement des fonctions Yitalcs et tendant :'t rl'.:aliserde plus en plus l'union des sensibilités, la communion des pensées, la sympathie des consciences et la synergie des Yolontés. « La Yie, dit-il, ne peut être con1plétement égoïste, même quand clic le YOudrait. Il y a une certaine générosité inséparable de l'existence et sans laquelle on meurt. » N'est-cc pas dire, sous une autre forme, que la lutte pour YiHe de tous contre tous n'est pas la loi suprême de l'érnlution des êtres YiYants? III. Allons plus loin. L'accord est la loi générale de toute existence, organique ou inorganique. L'éYolution des mondes célestes ne se comprend pas sans cette coopération réciproque. « Tous les systèmes solaires érnluent dans une dcpendance ou solidaritl'.:rcciproque qui maintient l'unité de l'uniYers; c'est que dans chaque système solaire, chaque soleil constitue un centre de graYitation pour tous ses satellites, tandis qu'il graYite lui-même autour d'un autre centre de graYitation dont il n'est lui-même qu'un satellite: » (Dr Pioger, Revue socialisll', no\". 1891). - «Un corps physique, dit le même auteur, ne peut non plus exister ni se conccYoir sans cette même solidarité de ses parties composantes. » De pl us la résistance est en raison directe de ia cohésion moll'.:culaire.Les corps dont les molécules sont le plus fortement associées sont ceux qui rcsistent le plus aux chocs qui tendent :'t les détruire. Les gaz sont les corps les moins résist:111ts.Les

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