LA RE\TE SOCIALISTE et séparés, on trouYC encore quelques traces de Yie sociale, soit chc✓, les animaux qui demeurent, comme les plantes, attachés ù une souche commune, soit chez les êtres inférieurs qui, a,·ant de se séparer <le l'organisme qui leur a donné naissance, restent quelque temps soudés ù lui et incorporés :i sa substance. » (Espinas, np. rit., p. 8-9.) C'est donc que le milieu social est « la condition nécessaire de la é:onscn,1tion et du rcnouYcllcrnent de la Yie ». (fapinas, ibid.) Mais alors, si, du point de YUCbiologiL1uc, la loi <l'accord domine la loi de concurrence, n'est-cc pas que la Yic, gui implique nutrition et génération, n'est pas absolument égoïste, mais contient au contraire des éléments de sympathie et d'altruisme? C'est la thésc qui, aprés Schopenhauer et Littré, a été brillamment soutenue par Guyau (Idée d'u11c/1/nralrsn11nsblig. 11isn11cl.). La Yie, en tant que fonction nutritiYc, est bien égoïste et lutte bien jalousement pour se conscn·er. Encore la nutrition est-elle une occasion d'org:1.11isation coopératiYc, car elle implique traYail, conséquemment di,·ision du traYail et définitiYCmcnt accord pour la Yic entre les indiYidus, qui s'associent pour entreprendre l'œuHc de l'appropriation ou de la production commune. ?\lais, en clic-même, la Yic nntriti\'C est bien, comme la définit Guyau, une sorte de graYitation sur soi. En ta11t, au contraire, que fonction de génération, qui débarrasse l'être d'un trop plein qui le gène, clic est une dépense égoïste encore, si l'on Ycut, mais en m0mc temps altruiste, puisqu'elle donne une partie de son être pour produire la Yic. Gri'icc :i la génération, l'organisme indiYiducl cesse d'être isole. Son centre de graYite se déplace par degrés, dans le passage de la génération asexuée (scissiparité, sporogonic) :i la génération sc:,...uéeou amphigonic, qui inaugure une nom·clle phase sociale pour le rnonde en rendant possible cc groupement spécial, ici transitoire, 1:\ permanent, qui est la famille (''· Guyau, Esquisse d'1111/c//orale). « La sexualité, dit Guyau, a une importance capitale dans la Yic morale. Si par impossible la génération asexuée aYait preYalu dans les cspéccs animales et finalement dans l'humanité, la societe existerait ù peine. >> (Esquisse, p. 18.) En effet il nous semble qu'il y a une large part de Yerité dans la théorie gui considérc que la Yic altruiste n'est qu'une expansion du besoin d'engendrer et que tous les amours, comme le soutient Schopenhauer, ne sont que des métamorphoses de l'instinct sexuel. Littré a écrit: « La nécessité d'aimer est imposée fondamentalement par l'union des sexes pour que la substance YÎYante subsiste comme espéce ... A mesure que l'enfant se db·cloppe, son organisation, tant Yisccralc que cérébrale, disposcc conformément à la sexualité, le prépare peu :i peu ù la Yic altruiste.>> (Rl'v. de phi!. posil., janYier 18ïo). Bien plus, comme les facultés égoïstes et les facultés altruistes ont leur siêgc dans le même lieu anatomique, le ccr\'eau, il
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