LCTTE OU ACCORD POUR LA \'IE clnrc que l'accord est une condition de l'éYolution des ètres \'ÏYants, plus importante, plus efficace et plus utile que la lutte? On lutte au détriment les uns des autres, tandis qu'on ne s'associe généralement pas pour mourir, nuis pour Yinc et perpétuer la ,·ic. II. D'ailleurs, l'accord est la loi même de la Yic. En fait, nul ètrc YiYant n'est toujours et compll'.:tcmcnt seul. L'homme, d'abord, est un annirnal soci:1blc et mème politique. Sans doute, cette sociabilité a un antagonisme, l'insociable sociabilité de l'homme, scion l'heureuse expression de Kant (It/1:,, d'1111heist. 1111i·z,. au poi11tde v11ecos111opolitiq11e), c'est-:\-dirc, dit ~L RcnouYier (Cri!. phif., t. ~nu, p. 276), une perpétuelle réaction qui menace constamment les sociétés de dissolution. Mais il n'est plus douteux pour nous, et Darwin l'admet aussi (Dise., p. 65-66), qu'il doi\'c d'aYoir sunù:u :\ son instinct de sociabilité, qui a contribué :\ dén::loppcr ses facultés mentales. On sait sa faiblesse physique, et cependant on YOit des races chétives, comme celle des Borchimans, dans l'Afrique australe, et des Esquimaux, dans les régions polaires, se maintenir encore dans des pays oü la Yie, à tous égards, est si dure. li n'est pas d'ailleurs de peuplade, même parmi celles qui Yivent LLC la Yic la plus anarchique, au mauYais sens du terme, oü la guerre de tous contre tous soit la loi. Mais la Yie en commun n'est pas un fait accidentel ou propre à l'homme seulement. Elle est aussi particulière aux animaux. Parmi eux, il en est chez qui cette association est consciente. Mais encore clic n'est pas seulement le priYilège de ces espl'.·ces qui s'organisent temporairement et périodiquement ou d'une mani<'.:re permanente (migration, propagation de l'cspcce, chasse, défense mutuelle, famille, tribu, cité). Elle est un fait normal, constant, uniYersel, qui, s'il est aux plus hauts degrés de la série animale dc plus en plus conscicnt, ne s'explique pas seulement par l'action Je facteurs psychologiques. L'organisation en colonies est à l'origine de l'érnlution Yitale (Perrier, Co/011ieas11i11ialrs). L'indi\'idu mèmc est une colonie de cellules, et la conscience, quand il la posscdc, un compost: Je consciences associées, celles des cellules qui constituent l'organisme (Aristote, Hunn, Berkeley, Leibniz, Kant, Schelling, \Vundt, Fouillcc, Espinas, etc.). La psychologie expérimentale confirme sur cc dernier point la psychologie subjcctiYc. Un indiYidu, à tous égards, est dép une société. Cette société m~mc n'est point fermée. Car, depuis les colonies animales inférieures (siphonophores, etc.), tous les êtres YiYants se trouYent, dit M. Espinas, engagés à quelque moment dc leur existence dans quelque association aYec les indiYiùus qui les enyironnent. Les nécessités biologiques les forcent à entretenir de cc fait des rapports multiples. « Au-dessous mème des régions oü les sexes sont distincts ·Vi
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