U RE\TE SOCIALISTE qu.1lités rendant l'inJiYidu et l'cspecc le mieux armes, en certaines circomt.1nccs, nous maintenons que la sociabilité offre k plus grand .1,·,rnt.1gedans Ll lutte pour la Yic dans toutes les circonstances. Les espèces qui, YOlontain.:mcnt ou inYolontaircmcnt, l'abandonnent, sont condamnées ,\ déchoir; tandis guc les animaux qui saYcnt le mieux s'unir ont les plus gr,111dcsch,111ccsde surYi,·ancc et d'éYolution future, ,1lors même qu'ils sont inférieurs ,\ d'autres dans chacune des facultés énumérées par Darwin et \Vallacc, à l'exception des facultés intellectuelles. Les Ycrtébrés supérieurs, et particuliércment l'cspecc humaine, offrent la meilleure preuYc de notre assertion. « Quant à la faculté de l'intelligence, si tout darwiniste admet, aYcc D.1rwin, que c'est l'arme l.i plus puissante dans la lutte pour la Yic et le plus puissant facteur de l'éYolution future, il admettra aussi que l'intelligence est une faculté éminemment sociale. Le langage, l'imitation, l'expérience accunrnlées sont autant d'éléments d'une intelligence qui gr,111dit, d'une intelligence dont l'animal non sociable est priYé. C'est pourquoi nous trou,·ons, au sommet de chaqu_c classe d'animaux, les fourmis, les perroquets, les singes, combinant tous la plus grande soci.1bilité au plus haut dé,·cloppcmcnt de l'intelligence. Les mieux ad.1ptés sont ainsi les plus sociables; et la sociabilité apparait comme le facteur principal de l'éYolution, directement en assurant le bien-être de l'espécc par la Jimi!1ution de la perte d'énergie, et indirectement en fayorisant l'accroissement de l'intelligence. » (Société 11011vcllc, juin 1892, p. 689-690.) .\insi le progrès n'est possible que par l'association des forces en acti,·ité, l'acwrd des Yolontés agissantes. Tout indiYidu a besoin pour YiHe et faire Yinc son cspece de s'appuyer sur le concours d'autres indiYiJus, sous peine de succomber dans la lutte, et ceux-là seuls triomphent qui sont unis à d'autres par les liens d'une solidarité plus étroite. On Yerra ailleurs que l'association n'est pas moins utile quand clic ,1lieu entre indiYidus de n.iture différente. La remarque est aw,~i naie des groupes d'indiYidus que des indiYidus eux-mêmes. Les groupes d'indi\·idus ont également besoin du concours d'autres groupes. L'atrophie, le dépérissement, la mort est la conséquence du désa-:cord. Cette loi est applicable à tous les êtres, et non pas seulement aux seuls êtres YiYants. Nous Ye1-rons aussi plus loin que les êtn.:s Yi,·ants ne s'associent pas seulement pour offrir plus de résistance .\ leurs ennemis communs, quitte à se disputer ensuite entre eux l'espace conquis ou la subsist,1ncc capturée. On montrera que les animaux eux-mèmes pratiquent la solidarité, l'assistance nrntuclk Jans le besoin et saYent mème, à leur manicrc, foire respecter les prescriptions Je l'altruisme et de l.i justice, sans l'obserYation desquelles la Yie sociak ser.1it impossible. ~c sommes-nous donc pas en droit Je con-
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