LUTTE OU ACCORD P_OUR LA \'IE la lutte pour l'existence est un des plus imparfaits, des plus grossiers; elle est m<'.:meplus nuisible qu'utilc chc2 les cspcccs supérieures. On l'a amplement démontré par l'exemple de la guerre, de cette guerre que ses enthousiastes appellent sainte et diYine : clic épuise les populations, leur enlèYc leurs forces vives, leurs élemcnts les plus vigoureux, détermine en un mot une sélection à rebours, en laissant les moins valides charges du soin de la reproduction de l'espèce. On sait qu'il a fallq abaisser sutcessiYemcnt la taille n'.:glementairc. L'indice est significatif. D'un point de YUC plus éleYé, en ruinant ou ébranlant l'organisation du présent, elle anéantit ou compromet les conquêtes du passé, et, retardant l'aYenir, arrête la marche du progrès. On dit qu'elle deYcloppe certaines Yertus. Mais que d'horreurs et de vices ne déchaîne-t-elle pas! Au reste, ces YCrtus sont le plus souvent négatiYes, et en definitiYc il n'y a pas pour la ciYilisation grand profit à retirer d'une obéissance, d'un courage, d'une abnégation et d'un dcrnuement employes à faire œune de barbares. Réduire enfin l'humanité aux seuls modes de perfectionnement de.s espèces inférieures, c'est nier la supèriorite des organes de l'homme sur ceux de la matière ou de la cellule; c'est lui refuser le pouvoir de rcagir contre les lois naturelles. Il est donc faux de consid<'.:rer, même du point de vue biologique ou physique, l'espèce humaine comme rcgic par les mêmes lois d'é\·olution que les espèces infcricures, puisque l'homme utilise les forces naturelles qui écrasent la basse anirnalit<'.:.C'est encore plus faux au point de nie moral et intellectuel. Il y a donc au moins une autre loi d'éYolution qui domine la loi de la concurrence, c'est la loi d'association, encore plus indispensable que l'autre, de l'aveu même de darwinistes autorisés, à la conserntion et au dèYeloppement des êtres Yivants. L'accord pour la lutte au moins est donc bien un facteur plus puissant que la lutte même, et le progrcs de l'humanité en particulier a donc bien besoin, pour se déYclopper, de la coopération des hommes. Nous ne saurions mieux résumer cette partie de la discussion qu'en citant une page d'une précision remarquable, empruntée à Kropotkine : « La Yic en sociétc rend les plus faibles insectes, les plus faibles oiseaux, les plus faibles mammiferes capables de résister aux plus terribles oiseaux ou bêtes de proie, ou du moins de se protéger contre leur atteinte; clic prolonge la vie; clic rend l'cspccc capable de se reproduire avec la moindre dépense de force et de se maintenir comme nombre, malgn'.: une moyenne trcs faible de naissances; elle donne aux animaux unis la facultc d'émigrer pour chercher de nouvelles demeures. \'oilà pourquoi, tout en reconnaissant que la force, la vitesse, les couleurs protectrices, la malice, l'aptitude à endurer la faim et la soif, mcntionn<'.:cs par Darwin et \Vallacc, sont autant de
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