700 LA RE\-CE SOCIALISTE Si nous considérons les mammifères, nous sommes tout d'abord frapp<'.:~,dit Kropotkine, de « l'immense supériorit<'.: num<'.:rique <lL:sespèces sociabks sur les quclq ues ca rni rnres qui ne s'associent pas )) (ibid.) Les grands félins, lions, tigres, lfopards, etc., sont à peu près les seuls mammifères qui pr<'.:fèrent l'isolement à la s,oci<'.:t<o'.u: dont les associations (à !'<'.:poque du rut) sont passagères et jalouses. Aussi l'espèce dirninuc-t-clle, recule-t-clle sans cesse et n'est-elle pas loin de disparaître. Au contraire, les chèHes et les moutons sam·ages, les cheHeuils, les gazelles, les buffles, les rennes, les singes, etc., abondent sur diYers points de l'ancien et du nouYeau continent. Il est manifeste que les espèces sociables doiYent à leur instinct d'association d'aYoir r<'.:sist<'.: à des ennemis mieux organisés qu'elles. Ainsi la grande famille des cheYaux sam·ages a surYécu aux attaques de concurrents terribles : les loups, les 01.irs et les lions. Mais, si le lien de l'association se brise, soit par manque de confiance, soit par l'effet d'une panique soudaine, le troupeau p<'.:rit rapidement, jusqu'au dernier membre parfois. Ces exemples, qu'il est facile de multiplier, suffisent amplement ù établir que les espèces animales les plus capables d'accord. ont été et sont les plus résistantes. Mais il y a des cas qui démontrent d'une manièrL: encore plus <'.:clatantecombien le pouYoir d'entente compense la force physique absente.« La fourmi prospère, dit h:ropotkine (ibid.), sans aYoir aucune des adaptations de protection indispensables aux animaux Yinnt isolés. Sa couleur ne la rend que trop Yisiblc à ses ennemis, et ses grands nids s'apcrçoiYcnt facilement dans les prairies et les forêts. Elle n'a pas de carapace dure pour la protéger; et son dard, si terrible qu'il soit lorsque les piq6res comptent par milliers, n'a que peu de Yalcur pour la défense indiYiduclle; tandis que ses œufs et ses lan·cs sont un mets recherché pour les habitants des forêts. Et cependant, dans leurs légions, les fourmis ne sont que rclati\·emcnt peu exterminées pal' les oiseaux, et même par les fourmiliers; tandis qu'elles sont la terreur de beaucoup d'insectes beaucoup plus grands de taille et plus forts. Lorsque Fore! Yidait un sac de fourmis dans une prairie, il Yoyait les sauterelles se sauYcr, abandonnant leurs nids au pillage; •clics fuyaient dans toutes les directions ; les araignées abandonnaient leur proie. )> Les lézards eux-mêmes redoutent ces band.es guerrières (d'après Maggrid.gc, cité par Buchner, T'iepsycbiq11deesBétes, p. 59-60). i\lêmc conclusion, si nous étudions les Yillagcs de termites et les ruches d'abeilles. On sait la puissance de leurs instincts de sociabilité. Ils dépassent même, dans quelques cas, cités par Forci, Cook, Bates, les frontières de la ruche ou du nid. Ces saYants ont obscrYé de Yéritablcs nations contenant même plusieurs espèces. b) L'étude des races humaines confirme notre thèse. Constatons
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