LA REYUE SOCIALISTE dcYcloppement d'habitudes et de qractcres qui garantissent le maintien et le développement ulterieur de l'espcce, ainsi que la plus grande somme de bien-être et de bonheur pour l'indiYidu, aYec la. moindre perte de l'cnergie totale. >i (Kropotkine, ibid.) Des continuateurs de Darwin lui-même ne le nient pas. « Les zoologues, disait Kesslcr (cite par Kropotkine, ibid.), et les auteurs qui cultiYent les s~iences rclatiYes à l'homme insistent continuellement sur ce qu'ils appellent la loi sans pitie de la lutte pour la Yie. Mais ils oublient l'existence d'une autre loi, que l'on pourrait appeler la loi de l'appui mutuel, qui, du moins pour les animaux, a bien plus d'importance que la loi precedente. Plus intimes sont les associations, plus grandes sont les chances de l'espcce de surYine et de faire un progn::s dans son déYeloppcment intellectuel. » Sans nier la lutte pour l'existence, Kessler concluait« que l'eYolution progressive du rcgne animal, et surtout de l'espcce humaine, a eté fayorisee bien plus par l'appui mutuel que par la lutte. » Buckner, cit,'.!par Kropotkine (ibid.), ne parle pas autrement (A111011r et vie d'n11101d1nr11sle 11101,dne11i111nl). Aux yeux de Lanessan (Tra11sfor111is111e, p. 423-505), l'association pour la lutte est plus efficace que la lutte même dans les trois règnes. I. Les faits confirment la thèse. Ils prouYent que d'ordinaire les êtres physiquement les mieux doues pour l'offensiYe ou la défcnsiYe ne sont pas ceux qui ont assuré leur survivance, et que des êtres plus faibles, mais capables d'association et d'accord, ont triomphé des obstacles qui pouYaient entraYer la propagation de leur espèce. Ils prouYent encore que les races sans cohésion ont succombe deYant des races plus cohcrcntes, que les groupements historiques les plus solides et les plus Yastes ont absorbé les plus faibles et les moins etendus, que l'absence de solidarite est une des causes de la ruine des empires, et qu'en definitiYe le progrcs de la ciYilisation humaine est correlatif de l'extension du domaine de l'accord. Sans prctendre dénombrer cornpiétement des faits dont l'énumeration serait fastidieuse, consultons. l'histoire naturelle, l'ethnographie et l'histoire proprement dite. a) Il est manifeste que des espéces puissantes n'ont pu assurer leur surYiYance, tandis que d'autres, plus faibles, se sont perpctuces jusqu'à nos jours. Les grands cryptogames et phancrogames gymnospermes des périodes paléontologiques, calamites, fougères, sigillarcées, cordaïtes, qui aYaient trente et quarante metres de hauteur, ont disparu; au contraire, champignons, algues, etc., ont des rejetons innombrables. Les énormes poissons, reptiles et oiseaux de l'époque tertiaire : archœsopteryx macua, ichthyosaurus, megalosaurus, igusnodou, actinodou, hesperornis, laopteryx, ramphorynchus, etc., si solidement armés; les gigantesques mammifcres : mammouth, mega-
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