LA REVUE SOCIALISTE également en décroissance : 1,21o,o 17 hectolitres en 1893, contre 1.853, 146 en 1892. " En constatant le ralentissement des affaires dans les usines à vins chimiques, il est permis de ne pas exprimer un regret. Les boissons vineuses fabriquées avec des rinçures de raisins et l'on ne sait quelles matières amylacées ou saccharifères viendraient à disparaitre totalement de la circulation que la santé publique n'y perdrait pas grand'- chose. Les plus chauds partisans du régime social actuel ne partagent pas, il est vrai, cet avis; sous prétexte de Liberté du travail qui n'est que la liberté d"asservir les travailleurs, ou de Liberté du Commerce qui n'est que la liberté de s'enrichir par les tromperies et le~ falsifications sur la marchandise vendue, ils ne sauraient admettre un privilège en faveur du jus naturel des raisins frais. Si l'on prêtait !"oreille aux jolies chansons des fabricants de pseudo-vins, dits de marc ou de sucre. ou de toute autre piquette savamment colorée et alcoolisée, il faudrait convenir qu'ils ne sont guidés que par l'intérêt du consommateur. D'après les bons apotres de la libre concurrence. c'est-à-dire de l'anarchie dans la production et la répartition des richesses sociales, les p!·océdés de fabrication du vin artificiel sont d"une simplicité charmante. Une bonne ménagère peu.t elle-même composer ce délicieux breuvage. Elle n'a qu'a se procurer chez. l'épicier du coin ou d'en face le kilo de raisins secs, base de l'idyllique manipulation. Avec le secours du thermomètre du bord de la croisée, la ménagère maintient dans un récipient quelconque sa confiture vinicole à unè température moyenne de 19 degrés, et clic récolte instantanément quatre litres de" vin réconfortant et sans mélange", qui prendra la couleur d'or pàle du Sauterne ou du Grave, ou qui, coupé avec un gros vin du Roussillon, prendra l'apparenc~ et le bouquet du Bordeaux ordinaire. ,< Tout le principe est là ! " s\\crie avec admiration !"économiste distingué d1ns un article du journal Le Temps où la cause des grandes industries était défendue lorsqu'elles étaient menacées par des pr.ipositions de loi ay2nt pour objet la répression des fraudes sur les vins. Et l'organe le plus autorisé et le plus logique de cette anarchie comm::!rciale qu~ l'individualisme légitime et que le progrès humain fera sans doute considérer bientot comrne}la plus féroce et la plus meurtrière d:!s anarchies, ajoutait en s'extasiant : ,< Le moùt concentré, que chaque petit grain avait gardé par suite de la dessiotion, retrouve les éléments substantiels du raisin frais, et l'eau qu'on lui restitue est celle qui a été évaporée par les rayons du S()leil. Débarrassé de ces grains qui constituent le marc, il vous reste donc un liquide pur et généreux, a bon marché. » En plus grand, l'opération ne diffère point. Elle s'élargit seulement pour les besoins de la production. De la cuisine d'un petit ménage
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