• LA MEVENTE DU VIN ginent pouvoir remédier au mal par le protectionnisme à outrance. Les constatations faites par M. Mitjavile. bien placé pour savoir quelle est exacteme;1t aujourd'hui l'importation des vins espagnols, puisque la maison qu'il dirige à Cerbère possède des succursales à Cette, à ·Hendaye, à Paris-Bercy, à Rouen, sur tous les points d' entrepèt pour introduire en France ces mêmes vins, paraissent démontrer que les tarifs douaniers ont parfaitement obtenu le résultat qu'on en attendait. La difîérence du change qui, en théorie, semble devoir supprimer les effets de la protection douanière, ne les supprime pas, d·apres M. Mitja\'ile, dans la pratique en ce qui concerne l'entrée des vins étrangers. OJ_1lees vœux émis par la viticulture pour une majoration des droits de douane calculée d'après le cours du change avec le pays importateur, soient ou ne soient pas pris en considération par le Parlement, il est est donc probable que nos rel,ltions commerciales avec l'Italie et l'Espagne resteron(les mêmes. En sera-t-il de même pour la Grèce ? La prohibition des raisins secs, s'il était possible de l'obtenir par l'adoption des mesures réclamées, pourra-t-elle faire cesser la stagnation des affaires dont le négociant en vins se plaint avec un désespoir égal à celui du viticulteur? Les commerçants de Montpellier ont écrit le 8 décembre dernier aux ministres de !'Agriculture, du Commerce, et de l'industrie, et des Finances, une lettre par laquelle ils déclarent vouloir déposer leur licence, renvoyer leur personnel, et fermer leurs magasins, si des mesur..:s de protection plus efficace ne sont pas accordées d'urgence. IX LA CHANSON DES FABRICANTS DE VINS ARTIFICIEI-S Il y a lieu de craindre que l'interdiction de fabriquer des vins avec des raisins secs ne soit qu'un palliatif. La suppression des tarifs spéciaux que les grandes cnmpagnies accordaient aux marchandises d'origine étrangère pour faire la concurrence aux transports maritimes, et la surélé,·ation des tarifs de douane ont déjà fait naitre des espérances que l'évènement a déçues. Il serait peut-être sage de ne pas trop escompter les conséquences de la prohibition des raisins secs et de l'interdiction des vins factices. D'après les tableaux de statistique officielle sur la récolte des vins en 1893, ,,· la production des vins de raisins secs, déjà en diminution par l'effet de l'élévation du tarif douanier, a en outre subi l'influence de l'abondance de la récolte; elle ne s'élève plus en 1893, qu'à 834,236 hectolitres (dont 326,520 hectolitres pour la fabrication industrielle), contre 1,055,178 en 1892. La fabrication des vins de sucre est I
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