La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

686 LA RE\"UE SOCIALISTE peines, par le traYail. JI suffirait d'une telle œm-rc pour honorer un Salon, pour donner à réfléchir aux passants. Qu'il suffise de remarquer, :\ propos de cette Misère, qu'elle est à la fois une œu,-rc de bonne sculpture et de belle pensée. Cette alliance entre l'esprit et l'exécution, j'y crois fermement, puisque toute l'histoire de l'art est là pour la montrer sans cesse réalisée. Mais l'œuue de Dcsbois n'est pas la seule qui marque d'art le salon du Champ-de-Mars. La figurine en bronze: P11dleur, et le grand haut-relief en staf: l' Œ11vre, de Constantin Meunier, sont ajoutes par le sculpteur de LouYain à cc grand poéme de glorification du labeur humain qu'il a entrepris. M11 ° Camille Claudel affirme la ncrYosite et la sùreté de son talent par le Diw wvolé et un buste d'enfant. M. Bourdelle expose une expressiYc figure de Cladcl, pour le monument qui sera elcYe à l'ecrivain de Bo11scassié et des Va-11 u-pieds. Beaucoup seraient encore à nommer, et leurs œu,-res à commenter. Mais je ne puis ici tout designer, et il me faut aborder les questions d'ordre général des objets d'art et de l'architecture. Je ne quitterai pas toutefois la section de sculpture sans signaler ces nouYeaux-,·enus: Niedcrhauscrn-Rodo, énergique et tourmente, marquant trop tous les reliefs, mais en possession de l'intelligence, de l'expression dans l'Opbélie, le groupe de l'Hom/1/e,- et Fix-Masscau, chercheur d'intentions, amoureux de nature : ses C/Jagri111s111is, a statuette de Ni/Ji/, son buste, un corps de femme, annoncent un ardent artiste, un sculpteur de la chair. II De la sculpture, on passe aisemcnt aux objets d'art. L'apport des sculpteurs a etc un des élemcnts les plus productifs de la section nom·clle. C'est un sculpteur, Jean Bafficr, qui expose cc fragment d'une cheminée pour une salle à manger et cette maquette au quart d'cxecution: cheminée, lambris et meuble, decoration de la dite salle à manger. De même que l'œunc de Constantin Meunier, c'est une glorification du traYail. Il ne s'agit plus des farouches ounicrs des usines, brûlés par le feu, noircis par la fumec, mais des traYaillcurs des champs. C'est parmi eux que Bafficr a choisi ses cariatides, c'est le spectacle de leurs occupations, de leurs peines et de leurs plaisirs qu'il t:Yoquc, qu'il YCUtfaire se succéder aux murailles. Il est né aux champs, et le som·cnir des champs le hante, il a une émotion non jouée dcYant les produits de la terre et les efforts de l'homme, et jusqu'aux piéccs en étain du scrYicc à Yin qu'il expose, il poursuit son idec, marque aux

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