La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LE SALO:\' DE I 894 SALON DE Au CHAMP-DE-MARS ET Aux CHAMPS-ÉLYSÉES (DEUX!È)IE ARTICLE) LA SCULPTURE - LES OBJETS D'ART L'ARCHITECTURE I Il n'y a pas à énumérer daYantage les œuues sculptées que les œuvres peintes à propos des Salons des Champs-Élysées et du Champde-Mars. Une journce de promenade, un catalogue à la main, suffira à ceux qui voudront connaître par le détail la production contemporaine. Il est à croire toutefois que la promenade sera écourtce, que les plus ardents se lasseront à passer en renie les rangées de figures et les bustes. Ici, il suffira de signaler les quelques œm-res qui me semblent parler un langage d'art et d'humanité. C'est d'abord, aux Champs-Elysces, de M. Henry Cros, la fontaine en pâte de verre qui sera placée au Luxembourg. Œune charmante, qui rc\·cle bien un esprit ingcnu et saYant d'artiste, composition où l'on Yoit unifiés l'instinct et la Yolontc, résume de nature qui peut être compris à la fois par l'esprit naïf de l'enfant et par l'imagination fatiguce d'un Yieux. ciYilisé. La fontaine murale de M. Henry Cros, exccutce en bas-relief, est une figuration concentrée de l'histoire de l'eau. Par quelques figures, quelques aspects, le fleuYe, le torrent, le ruisseau, la neige apparaissent, et aussi les paysages de prairies et de montagnes. La maticre employce est bien celle qui convient à de telles évocations, elle est à la fois fluide et solide, transparente et figée, éYeille des idées d'eau, de glace et de pierre. C'est, au Champ-de-Mars, la Misère, de Desbois, une hardie et farouche figure de vieille femme, une ruine de beauté, une carcasse et une chair douloureuses, éreintées par la \·ie, par la maternité, par les

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