68--1- LA RE\'liE SOCIALISTE Celks qui ont richess.: dïdées ,·êtues simplement, quand la mode est aux paunetcs richement h.1billécs ; Celles qui ne se croient pas obligées de ramper dans la boue sous prétexte de réalisme ou d.: s'em·olcr dans ks nuagcs sous prétexte d'idéalisme, mais qui, considérant lc réd comme la base de l'idéal et l'idéal comme le prolongement du n!cl, marchent, ainsi que l'homme, les pieds solidement appuyés sur la terre et la tête fièrement dressée vers lé ciel. En rcY.111che,j'ai raillé ces esprits indécis, équi,·oques, ambigus, crépusculaires, qui, p.1r impuissan.:e ou politique, se complaisent dans le yague mystérieux des phr.1ses sibyllines. J'ai négligé d'admirer ks chercheurs de brutalités faciles ou de saletés lucratives. J'ai tenu en la même estime les diseurs de b.111alités soknnclks et ks prét.:nticux al:tmbiqucurs de mots qui ont vainement essayé ,k noyer dans leur fatras k clair génie de la France. Et maintenant je crois a\·oir fait ma confession complète. Gr:îces en soicnt rendues au journal (1) où ont paru ces artides, j'ai eu (rare avantage!) pleine liberté de dire Cl! que je pensais et de tr:1vaillcr scion mes forces et mes opinions à l'avenir prochain de la littératurc fran.;aisc. Il se peut que je me sois trompé ç:1 et Li d.111smes jugements : il faut être pape ou fou pour se croire inf.1illibk. ~!.lis j'ai conscience d'avoir respecté les personnes en attaqu:int kurs idées, d'ayoir été sans haine pour les hommes, même quand j'étais sans ménagements pour leurs livres, d'avoir enfin toujours chèrché, sinon n!nco11tré, l.t ,·érité. Puissent à présent les jcunes, les nais jeunes, ceux qui ont au cœur de l.1 flamme, du courage, de l'audace, créer l'art nouveau, l'art viril et sain, que la démocratie attend! Et s,1lut d'ayancc au chd-d'œuYre, qui saura n:concilier d.1ns une admiration commune ks simples et les raffinés, Ln exprimant, dans la langue de tout le monde et dans un style .\ lui, les pensées les plus hautes et les aspirations les plus nobles des :imcs contemporaines ! Qui sait sïl ne germe p.1s dèj:t dans le CLrvcau de l'un de vous, jeunes amis inconnus à qui j'adresse ces lignes ? GEORGLS RE:-;,IRD. (1) La P.-til~R.'p11bliq1f1rea11çaise.
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