La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

682 LA RE\'UE SOCIALISTE CRITIQUE DE COMBAT P:u GEORGES RENARD (r) Le line qui ,·icnt d.i::trc mis en vente sous cc titre contient une sene d'articles, parus en feuilleton dans la Petite Républiquefm11çaise, à l'exception d'un seul, qui a été publié dans la Nouvelle Re1111e. Ils roulent sur toute espèce de sujets : histoire, philosophie, enseignement, littérature, économie politique. Ils touchent à quantité d'a_uteurs, morts ou vÏ\·ants ; Yictor Hugo, Cladcl, aussi bien que MM. de Voguë, Lemaître, "\\.airas, Letourneau, Zola, André Theuriet, Émile Faguet, etc., y sont tour à tour passés en revue. L'auteur s'est attaché surtout à étudier le côté social de leur œuHe, les idées et ks tendances qui en ressortent ; et, chemin faisant, il a saisi maintes fois l'occasion de développer ses propres opinions sur les grands problèmes de l'heure pn;sente. Nos lecteurs comprendront sans peine les raisons qui ne permettent pas à la Rwue Socialis/t' de parler longuement de cet ouvrage. Kous nous bornons à d.:tacher pour eux l'Arn11t-Propos, qui résume l'esprit du livre. A la jeunesse de mon pays je dédie cc livre de littérature militante, parce que la jeunesse est l'humanit<! en mouvement, l'avenir en marche, Demain qui vient. Qui donc a dit que la jeunesse française d'aujourd'hui était indiff<!rente it tout, endormie dans l'cgoïsme, molle au travail, veule jusque dans le plaisir? Qui donc a dit que le soleil était mort et qu'il n'y aurait plus de printemps? Un souffle de renom·cau (tant pis pour qui ne le sent pas!) a passé sur les âmes jeunes. Elles s'éveillent, frémissent, s'agitent; comme un essaim d'abeilles au sortir de la ruche, elles vol~tcnt dcci et delà, essaient leurs ailes, interrogent le cid et la terre pour savoir de quel côté elks prendront leur essor. On leur cri<: de toutes parts : - A nous! Par ici! - Non, par lit! - Mais la plupart des voix les appellent en arrière. Nous voulons, nous, les attirer vers les idées nouvelles, vers la région où l'aurore se lève. C'est cc désir qui fait l'unité de cc livre. Les articles qui k composent sont tous orientés vers le monde naissant qui se dégage peu :i. peu du brouillard matinal. Il est intitulé Critique de combat, parce que marcher de l'avant, c'est toujours combattre. On ne peur- défendre et propager une conception nouvelle de l'art et des choses sans en attaquer et eu déloger d'autres. Au fond même, tout critique est un combattant. En vain Youdrait-il borner son rôle (r) Grasilicr, éditeur, 12, rue des Pyramides, Paris (3 fr. 50).

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