La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

CHRO:-;IQCE SUISSE 681 dcvouemcnt. Il y ira d'ailleurs de son intcrêt bien entendu; un docteur au courant des mcthodcs nom·cllcs et des c;,péricnccs rc':ccntes aura plus de chances de rcclcction qu'un immobiliste. Si l'argumentation du rapport ctait fondée, il faudrait abolir immédiatement l'enseignement public, sous prétexte qu'une fois nommes instituteurs et professeurs renoncent a l'ctudc. Quant aux « puissances électorales », clics ne prcYaudront pas contre la reconnaissance générale, basëc sur les services rendus. Le district où le fait se produirait serait bientôt connu, et ne Ycrrait se prcscntcr comme candidats que les médecins les moins doués ou sans caracterc, les seuls qu'il mériterait. Les arguments qui préccdcnt nous paraissent faire tomber la derniére objection : « Cc sont les médecins libres ( car le projet Greulich « les admet) qui représenteront la culture scientifique, et c'est a eux « que l'on viendra en payant, car nul ne Youdra - pas même les « pauvres - du médecin officiel, totalement discrcdité. Et dans cc « cas pourquoi dépenser d'énormes sommes inutilement? » Encore une fois, notre estime pour le corps médical nous défend absolument de prc\'oir cette éYentualite, sauf a titre exceptionnel. Et même le dernier raisonnèmcnt de M. Dind vient à l'appui de cc que nous disons plus haut, saYoir que le public, et par conséquent les électeurs, sauront fort bien discerner et apprécier la culture scientifique. Ils préfcrcront, Jatale111e11!, l'homme instruit :i l'ignorant, le chercheur au routinier. Il n'est pas, en législation, d'œunc parfaite, absolue, dl'.:finitiYe - et M. Grculich n'éh:\·e aucune 'prétention à l'infaillibilite. La discussion et l'expcricnce montreront de quelles ameliorations de detail est susceptible un projet qui, dans ses grandes lignes, est certainement scduisant, humain, logique, d'une simplicitc grandiose. Le mot « grandiose » est d'un adn~rsairc, de M. Dind lui-même, à la page 12 de son rapport, où nous lisons aussi : « Le grand, le trcs grand rncrite « du, projet Greulich, c'est l'incorporation dans l'assurance des classes « sociales les plus nécessiteuses, en faycur desquelles l'opinion génccc raie se prononce unanimement. ,, Braye opinion gcnerale, prouve ton unanimité en adhérant au projet: Qui \'Cut la fin, Ycut les moyens! Quoi qu'il arriYe, le traYail de M. Greulich n'aura pas été Yain. Si la Suisse le repousse, d'autres nations en pourront profiter. C'est une noble tcntati\'e, qui mérite l'attention des hommes de cœur. Je souhaite à mon pays de saYoir l'apprccier, de ne, pas fermer l'oreille à la plainte des déshérités, d'accueillir fayorablement la pétition que les femmes suisses exclues de l'assurance Forrcr, parce qu'elles gagnent péniblement leur Yie au jour le jour, signent en ce moment, pour appuyer, dans leur intérèt et dans celui de leurs enfants, les rcYendications de leurs maris et de leurs frères. HE:-IRI MAYOR.

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