680 LA RE\"l'E SOCIALISTE titre ne pas faire son cours, ètre payé néanmoins, et son suppléant tra- ,·aillcr pour l'amour de l'art. Supprimercz-Yous les UniYersités? Et s\:n portent-elles plus mal? >Jotez que les professeurs sont généralement nommés à 1•ieet que les médecins ne le seront que pour six n11s. Ceux qui, par suite de leur caractére grincheux ou de l'insuffisance de leurs études, n'auront pas la confiancc du public, ne seront pas confirmés, mais remplacés par des collégues plus sympathiques ou plus capables, et la besogne s'égaliscra. (Il \"a de soi que le choix du peuple serait limité cntrc les docteurs ayant tous leurs diplômes, titres et grades.) Une disgr.îce irnméritéc pnlt atteindre les « bùchcurs », professeurs ou mcdecins; mais l'opinion publique leur rc,·icndra, nécessairement. La mode, heureusement, n'cst pas tout - il y a encore un peu de justice en cc monde. Il not.s parait impossible qu'un médecin affable, instruit et actif, soit longtemps délaisse; quant aux autres, w Ires pt'lit 110111brc, leurs loisirs leur permettront dc chercher une autre carriére. On ne nous dit pas non plus, continue ;\L Dind, comment un médecin se Jéfcndr:i. des clients dont les prétentions sont exagérées, soit quant au nombre et à l'heure des Yisites, soit quant au choix des médicaments. Il est des patients qui prctendraient ne pouYoir guérir sans malaga, champagne ou cognac. Que dc chances d'être réélu pom le médecin qui les répandra à flots! Quelle défaite en pcr~pecti,·e pour le confrére qui ne les prescrira qu\\ bon escient! - Que des considérations Je cette nature influenccnt un certain nombre d'électeurs, c'est m:i.lhcureuscmcnt probable; mais Je 1.\ ;\ prétendre que la population de tout un district s'associera à leurs rancunes, il y :i. loin! >:ous opposons la même réponse.\ l'objection sui,·ante: « \'ous Yoyez les succés « clcctoraux que remporter:i. le confrérc qui, h:i.rassé par un tr.l\·,1il << intense, ayant eu peut-être plusieurs courses Je nuit, assisté .\ un << accouchement ou un accident graYe, opposera un refus ;\ un :ippel << qui ne lqi paraitra pas nécessiter une Yisitc immédiate! » Le rapport de la Sociâc 11r11uloisc de 111Mcci11c formule ensuite une critique plus graYc, à prcmiére Yue : la création Je mcdccins officids entrainera fntnfr11w1/ une diminution Je la Yaleur scientifique du corps médical. C'est, pour une bonne part, la concurrence qui pousse le médecin ;\ se tenir au courant, à étudier jusqu'.\ la fin de sa carriérc . .\,·cc la situation assurée, cet clément disparait. Il importera par contre beaucoup de ne pas déplpirc aux puissances électorales, cc ;1 quoi la santé du peuple et la dignité du médccin ne gagneront ricn.- _\u pessimisme s'ajoute maintenant le fatalisme! ;\lais nous n'admettons p;1s cette fatalité. Les médecins que nous connaissons nous ont donné meilleure opinion du corps médical, qui, dans son immense majorité, continuera :\ joindre la science ;\ la pratique, l'étude au
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