La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

CHRONIQUE SUISSE serait que l'équiYalcnt du budget militaire! La Suisse est assez riche pour consacrer à la guérison une somme égale à celle qui sert à préparer scientifiquement la destruction. Elle n'en aurait que plus d'autorité pour proposer au monde le désarmement aprés lequel chacun, toutbas, soupire. Seconde critique: En confiant aux ouniers seuls l'organisation de l'indemnité de chômage, on incorpore fatalement dans le parti qui dirige les caisses (le parti socialiste) quantité de personnes qui jusqu'ici s'en tenaient à l'écart. On proYoque une é\'Olution politique importante; c'est mêrnc là, au dire de quelques-uns, le but secret du mouYcmcnt d'initiatiYe. - Puis quand ainsi serait? Nous n'y Yoyons, nous, aucun inco,wénient, bien au contraire. Nous appelons de nos Yœux le jour où tous ceux qui souffrent se sentiront solidaires et marcheront, d'un élan unanime, à la conquête de la justice. Mais les adhésions restent Yolontaircs, même aYcc le projet Greulich : Quand un traYaillcur sera priYé par la maladie de ses moyens d'existence, les caisses d'assurance lui Yicndront en aide, obligatoirement, sans lui demander ses opinions politiques, sociales ou religieuses. Nous abandonnons ces proccdés inquisitoriaux à certaine philanthropie maîtresse en l'art de tyranniser les consciences. Nonobstant les déclarations formelles de M. Grculich, M. Dind ne croit pas que les malades auront la liberté de choisir leur docteur: Désignés par le peuple, qui tiendra à les aYoir à sa portée, les medecins ne pourront probablement habiter la plupart, comme actuellement, le chef-lieu du district, mais deYront être répartis selon un mode topographique difl:i'.:rcnt. C'est cc que demanderont certainement (?) les populations. Le district se subdiYiscra en arrondissements à 1111seul 111édeci11. Casé dans son arrondissement et dcYant prcmiérement satisfaire ses électeurs, le médecin officiel prudent se gardera d'en sortir pour soigner tel malade qui l'appellera d'un arrondissement Yoisin. - Il est aisé de réfuter le projet Greulich en y introduisant des choses qui n'y figurent pas, ainsi les arrondissements à un seul médecin. Aqmettons cependant que les populations y tiennent, quoi de plus simple que de dire dans la loi: Les 111édeci11bsi,en que fixés da,1s1111 nrro11disse111esuotn, t à la disposilio1d1e tout le districl. Ils sont 110111111és et co11fir11p1aérs les élecleursdu di1lrict. Les spécialislesrésident au cbef-lieu? Mais le médecin i la mode sera surchargé de besogne, alors que tel confrere en sera presque entieremcnt dépourYu - et les deux encaisseront les mêmes honoraires! Peut-être même celui qui n'a pas grand traYail sera-t-il payé plus que son collégue ! - C'est Yoir les choses en pessimiste. Le cas, sans doute, pourra se présenter, comme il arriYc que tel professeur d'UniYcrsité fasse le Yide et tire le même traitement, parfois un traitement plus haut, qu'un confrère suspendant à ses lèYrcs des centaines d'auditeurs. On a même YUle professeur en

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