La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

J.A RE\'CJE SOCIALISTE La population ouni.::re suisse rej.::ttera, d.::s lors, tout projet d'assur<rncemaladic et d'assurance-accidents gui ne reposera pas sur le principe du traitement gratuit des malades, afin gue les ouniers puissent eux-mèmes supporter les frais de leur assurance-mal<).die, et puissent l'organiser et l'administrer sans C:tresoumis à hl tutelle des patrons et entrepreneurs. L'organisation autonome est une œuvre gue la classe ouvrière consid.::re comme supeneun: aux a\·antages d'une contribution financière de la part des patrons, surtout si celle-ci doit i::tre subordonnt:e à une tutelle guelcongue. Les p,1trons et les entrepreneurs contribueront, pour leur part, à la réalisation des œm-res sociaks, et cela dans une mesure qu'il, pourront tr.::s bien supporter, s'ils prennent à leur charge les frais d'une a~surance-accidcnts naiml.'.nt (:tendue. La population ounièrc se déclare pri::te à prcndn.:, dans l'administration de ses socit:tés de secours mutucb, une part telle qu'il ne puisse pas se produire d'abus d,1ns l'assurancc-accido..:nts. L'assurance actudk contre les acciJcnts est, t:n dtèt, profondément défcctut:use; écoutons le rapport de J\1. le docteur Dind ù. la Société 11a1uloiscclc111Mcri11c: Cn patron no.:peut plus, comme autn:fois, faire conduire à l'hôpital ou simplement à son domicile l'ounier blcsst:, mutilé mêml.'., sans ,\\'oir cure des conditions ultérit:ures de cdui qu'il abandonnait :1 lui-m(:me. Gdce aux lois dl'. 1881 et 188ï, pareils faits ne sont plus possibks; nulheun.:usement, ces deux lois n'.ittl.'.igm:nt JUS l'ensemble des ,1tclio..:r;s bc,1ucoup leur échappent et placent les om-ricrs d,1ns des conditions pénibks. En outre, en Llissant jouer un rôle important à L1const.1t,1tion de L1 faute gr,we et ù l'imprudence des ouniers, clics ounent largement b porti.: aux procès et aux retards dans le paii.:rncnt de l'indemnité. L'ounier est, de plus, mal pLlcé pour surveiller l'i.:xt:cution de la loi (réassurance! p,1r le p,nron; il l'est encore da\·,1ntage - et les médecins en conn.lisscnt quelque chose - pour discuter, c.is échéant, les offres d'indemnité que lui font les camp.1gnics d\1ssur,111ci.:s: de là sou,·ent des indemnités dérisoires ! i'L DinJ, du reste, n'est point fayorable au projet Grculich, auquel il adrcs:;c dh·crscs critiques; nous examinerons celles que i\1. Grculich n'a point réfutées, à l'aYance, dans son exposé de motifs. i\1. Dind, aYant de parler au nom de la n~ajorité des médecins Yaudois, résume les objections parties du monde économique et politique: Le tr,1itement gratuit des malades est un trop granJ saut dans l'inconnu ; les <.lépenscspourront atteindre au Jouble, sinon au triple, du chiffre indiqué par ;,l. Grculich. Le buJgct féJéral succombera sous le faix. - Si ces craintes se réalisent, si, à l'épreuYc, les inconYénients du systémc dépassent ses a\·antages, le peuple, armé de l'initiatiYc (par laquelle il peut aussi demander b suppression d'une institution quelconque), aura bientôt balayé le systéme Greulich. ~ous doutons fort qu'il le fasse. En admettant que le traitement des malades coûte 30 millions au lieu de 15 (ne parlons pas de 45, qui est" un chiffre fantastique), cc ne

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