CHRONIQVE SüISSE redigcr deux initiatiYcs absolument distinctes - cc qui aurait permis aux Chambres d'engager le peuple a repousser, faute de ressources, le traitement gratuit; et d'adopter quand même, un peu plus tard, le monopole, pour en affecter le bcnéficc a de nou\'ellcs fortifications ou au degrevcment des riches. Ces journaux ont été jusqu'à contester le caracterc constitutionnel d'une initiati\'c portant a la fois sur deux objets, dont le second n'est pourtant que la conséquence logique du premier. Mais, s'apcrcennt que leur argumentation faisait long feu, les organes bien pensants se sont souYenus que M. Grculich, quoique nommé par les societés ouniercs, est payé par la Confédération, et ils ont OU\'Crt une campagne assez viYe contre le sccretaire ouvrier. Ils demandent la suppression de cette fonction. M. Greulich, dcclarent-ils, dcYrait rester a son bureau, y approfondir les questions ounièrcs .(ils n'osent pas dire : les e11terrer), s'abstenir de toute propagande, ne pas faire de conférences, ne pas defcndrc son projet et ne pas l'expliquer au peuple: La Coofédération n'a pas à subYentionncr un agitateur socialiste ! ! ! Et plusieurs députés aux Chambres fédérales, consernteurs, libéraux ou radicaux, de signer une intcrpcllatio11 tendant à la suppression du secrétariat ouvrier reconnu par la Confédération. Espérons que cette campagne echoucra. La ligue des paysans, Ba11ernb1111d, demande, clic, que la Confédération lui donne aussi un secrétaire permanent, un tribun des intér~ts agricoles, ou supprime le secrétaire ouvrier. Le parti socialiste ne s'oppose nullement à la création d'un syndicat agricole. Le jour approche, du reste, où petits paysans et ouHicrs de tous les cantons prendront exemple sur leurs frercs de füde-campagnc, qui ont solidarisé leurs revendications et présentent aux élections des listes communes. Pour en re,•enir au projet Grculich, il aurait encore l'a\'antagc de déblayer le terrain, de rendre plus facile la creation d'une assurancemaladie qui paierait les i,1de11111idtéeschôl/lage, tant que durerait l'incapacite de traYail; de faciliter aussi l'urgente amélioration de l'ass11ra11cecoutre les accide11fs. Cela ressort nettement de la déclaration de Zurich, qui sert de préface à la demande d'initiati\'c : L'organisation, par l'État, de l'assurance-maladie et de l'assurance-accidents ne pourra être considérce comme une œuvre de réelle réforme sociale, qu'à la condition préalable du traitement gratuit des malades et de la gratuité du traitement des nécessiteux à l'hôpital. C'est la communaut6 sociale, repn:- sentée par l'État, qui doit assurer cc secours indispensable à tous ses membres en leur procurant, au moyen de ressources publiques, le traitement gratuit en cas de maladie, de façon à ce que l'assurance-maladie n':üt plus a s'occup.:r que de la com·erturc du dommage causé par la perte du salaire durant la période d'incapacité de travail.
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