LA RE\"CE SOCIALISTE tians. La loi sur le monopole de l'alcool declare exprcssemcnt que le gain annuel realise par le fabricant n'entre pas en compte dans la fixation de l'indemnite. La contrebande? Encore un fantôme! D'où introduire en fraude tabac et cigares? Trois des pays qui nous entourent ont dejà le monopole: la France, l'Autriche et l'Italie. Le quatrieme, l'empire allemand, se dispose à etablir une lourde taxe sur le tabac, qui ne manquera pas de renchérir. En France, les fumeurs sont fortement imposés. L'Italie fabrique d'apn'.:s le principe : cher et 11,a11·un!is ;-;-ous liso11s dans le Sccolo du 13-q mai : SAREBBE TD!PO ! - La direzionc gcneralc delle pri\'ativc ha deciso di prcnderc le disposizioni per una migliorc confczionc dei sigari nazionali Ill scguita agi' infiniti rcdami del pubblico, A supposer que cette resolution soit suiYie d'effet, la qualite s'ameliorera, mais les prix ne changeront point; or, ils sont, pour les cigares ordinaires, ci,,q fois plus éleYés qu'en Suisse, Le seul concurrent sfrieux, d'aprcs l\L Greulich, serait l'empire austro-hongrois. Concurrence salutaire, qui ne pourra qu'eperonner l'administration suisse, l'obliger à liner de bonne marchandise, à prix raisonnable, le meilleur moyen d'empêcher la contrebande et de faire des affaires dans le pays même. AYantages qui ne sont pas ù dedaigner, par le monopole, le consommateur est à l'abri des falsifications ; le planteur, sûr de Yendre toute sa récolte, est débarrassé tk:s intermédiaires et des courtiers de mauYaise foi ; l'om-rier peut espérer un sort meilleur. Le monopole est dans l'air. Il s'agit simplement de saYoir si les bénéfices se yerseront au budget militaire; si, distribués aux cantons, ils sen·iront à dégreYer les gros contribuables; si, en un mot, ils s'en iront en fumée - ou bien s'ils feront œune utile et sociale. IV l\L Greulich aurait pu se borner à proposer le traitement gratuit des malades, sans dire où prendre l'argent; la presse bourgeoise, alors, de s'écrier : « Ces socialistes sont toujours les mêmes! Ils \"Ont de « l'ayant, ils demandent des réformes pour s'en faire un tremplin, sans « s'inquiéter des conséquences financicres. Si on les écoutait, ils con- « <luiraient l'Etat à la banqueroute! J> Pri\·és de cet argument, les journaux des anciens partis ont reproché à M. Greulich et aux ouniers d'associer deux choses tout à fait dissemblables: serYice médical et monopole. A les entendre, il eùt fallu
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