CH RO>;IQU E SUISSE Comme nous fumons deux fois plus que Yous, \'OS tarifs appliqués en Suisse fourniraient quatre ou cinq fois les r 5 millions. Nous n'en \'OUlons pas. Mais la question bureaucratique se pose à nouYcau. Le monopole rcnforcera-t-il la bureaucratie fédérale? Beaucoup d'électeurs feront dépendre leur \'Ote de la réponse à cette question. Eh bien! le monopole du tabac ne doit pas exiger plus d'administrateurs que celui de l'alcool, c'cst-à-Jirc 1111qe11ara11tai11e. Pas de quoi prendre peur. Et dans leurs écritures il est plus souYcnt question de factures et d'affaires que de réglementation pédante. En d'autres termes, ils ne gouYcrnent pas, ils font du commerce. D'après une statistique de 1888, il y aYait en Suisse 125 fabriques de tabac, aYcc 6,505 ounicrs. Le monopole diminuerait certainement le nombre des fabriques; mais celui des ouYricrs, ou bien resterait le même ou bien augmenterait plut6t, puisqu'on encouragera la fabrication indigénc et qu'on espère restreindre l'importation des cigares et cigarettes. Dans une lettre au L11zerner Tagblatt du 3 décembre 1893, M. le conseiller fédéral Hauser, chef du département des finances, a déclaré formellement que les ouYriers n'ayaicnt pas à craindre d'être jetés sur le paYé. - N'est-il pas à redouter, en reYanche, que le parti au pouYoir cherche i embrigader le personnel ? Les fabriques d'armes fédérales sont li pour nous rassurer : l'esprit d'émancipation qui traYaille les prolétaires n'a point fait halte deYant leurs portes. Les ouYriers en tabacs, qui se rattachent déjù, en partie du moins, aux associations organisces, ne se laisseront pas détourner du bon combat ni de la solidarité par le simple fait qu'ils passeront au scr\'ice de l'État. En cc qui concerne la \'Cnte, les grands débits, dans les Yilles, pourraient être affermés, comme en Autriche. Cela augmenterait d'autant les benéfices et preYiendrait le fayoritisme. Les dcbits de moindre importance, on les confierait à des i11validesdu travail; il n'est pas nécessaire, pour Ycndre du tabac, d'être en parfaite santé, ni même d'ayoir deux bras et deux jambes. Le monopole, a\'ec ses qualités de marchandise bien dcterminées, ses prix fixes et une proYision fixe au vendeur, n'exige pas, pour la vente au détail, la connaissance des marchandises que réclame la liberté du commerce. Les gens validC's et robustes, qui pem·ent fournir un tra,·ail productif, ont autre chose à faire qu'à attendre les clients derrit'.:re un comptoir. On nous objectera peut-être le coût considérable des expropriations. Mais, ici encore, nous aYons l'expérience du monopole de l'alcool. N'est dédommagé que le fabricant (non le commerçant), et cela pour les installations qu'on lui rachète, éventuellement, ou pour la dépréciation quc le monopole inflige à ses immeubles ou installa-
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