La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA RE\"UE SOCIALISTE frais d'administration, nous arriYons à r 5 millions, enYiron la moitié de cc que la Suisse a dépensé, ces derniéres années, pour le militaire. lII On craint que le nouYcau scrYice ne fayorise un déYclopperncnt - exagéré de la bureaucratie. M. Grculich YOit le danger; il y remédie en faisant elire les 111etlcci1p1asr le peuple, dans chaque district, pour une période de six ans ( comme, dans plusieurs cantons, les instituteurs et les pasteurs prote~tants). Il justifie le procéd<.:, qui n'est pas exempt d'inconYénients, par la nécessité pour le médecin d'avoir la confiance des populations. On s'imagine aussi que, les médecins deYenant des fonctionnaires, le malade et sa famille n'auraient plus la liberté de choisir leur docteur. . C'est complétement inexact, puisqu'il y aura pl11sit'llrs médecins dans chaque district et dans toutes les Yilles. Quant aux malades, réels ou imaginaires, qui courent d'un guérisseur ù l'autre, impossible de créer des institutions pour eux spécialement. Où prendre l'argent? Dans l'herbe à >;icot. En quéte de nom·clks ressources, le gouYerncmcnt suisse a déjà fait calculer, par un technicien, quel serait le bénéfice 11d du monopole - r 5 millions, chiffre confirmé par les calculs de M. Greulich et de i\1. le docteur Milliet, directeur du monopole des alcools. Juste la somme qu'il nous faut! Une grosse objection se présente: le monopole du tabac n'est-il pas un imi1ot indirect, et comme tel pesant surtout sur les classes laborieuses? ~on. li serait injuste de l'assimiler aux tarifs douaniers ou aux taxes de f11brimtio11 sur l'esprit-de-Yin, le sucre, le tabac. Pourquoi donc? Parce que les négociants qui paient ces droits les font repayer, et largement, au consommateur. Il en est tout autrement du monopole. Un bénéfice ,,et obtenu par l'État, fût-il considérable, ne signifie pas le moins du monde que la pipe du pau\Te sera plus chére. En effet, le bénéfice du monopole est formé, en premiére ligne, des profits que les fabricants gardaient pour eux. L'État peut méme réaliser un bénéfice plus rond que la somme de ces gains, sans que les produits deYiennent plus chers ou moins bons, puisque l'État traYaillcra en grand, plus aYantageusement, sans frais de concurrence, de n'.:clame, d'étiquettes coùteuses ou d'emballages de luxe. Il serait donc insensé de dire : Si le monopole rapporte I 5 millions, c'est un impàt indirect de 5 fr. par tête, ou de 2 5 fr. pour une famille de 5 personnes ... Il ne faut pas juger le monopole suisse J'aprés le monopole français qui, lui, a considérablement r..:nchéri tabac et cigares.

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