666 LA RE\TE SOCIALISTE pas été en contact, il sera permis d'en tirer un nouYcl argument en fa n-:ur de la constance des lois sociales. Quand nous ctudicrons ensuite les grandes sociétés asiatiques et africaines, telles que l'Égypte, la Chaldée, l'Assyrie, l'Inde, la Médie, b Perse, dont les croyances et les doctrines ont influé directement sur la ciYilisation européenne, par l'intermédiaire notamment de la Grécc, nous serons disposés a reconnaitre que cette influence n'a fait que rendre plus considérable et plus complexe notre ciYilisation, sans parYcnir cependant, sauf dans des Yariations spéciales, à l'affranchir des lois générales qui président à l'éYolution de toutes les sociétés humaines. Toutes ces sociétés ont passé par les stades primitifs et sauyages que nous ayons indiqués ci-dessus, bien entendu aYec les Yariations accessoires qui distinguent entre clics aussi bien les cspéccs animales que les cspéccs sociales. Des grands empires antiques, un seul a surYécu : la Chine. Deux ont été détruits au seiziérne siécle par les Espagnols : le Pérou et le i\lexique; les autres ont disparu depuis longtemps. Comme formes atténuées de ces grands empires, nous aYons encore l'Empire Turc et la Russie; un troisiéme, le Japon, a opérc sa n:Yolution il y a peu de temps et est entré dans la période constitutionnelle et représcntatiYe. Ces empires absolutistes présentent des caractéres généraux communs. Le chef militaire y est en même temps, directement ou indirectement, le chef ciYil et religieux; il en est ainsi au Thibct aussi bien qu'en Russie; parfois l'élément ci,·il et l'élément militaire sont distincts de l'élément religieux, comme dans l'Inde; à certains moments l'l'.:lémcnt ciYil et militaire domine le pouYoir religieux ou est absorbé par cc dernier; l'Égypte ancienne représente assez bien cc conflit des pouYoirs. Dans tous les cas, le chef de l'État est Dieu, ou fils de Dieu, ou délégué de Dieu, ou, de droit diYin. Cc sont là les formes atténuées succcssiYes de la mèmc idée religieuse et politique. Dans ces grandes monarchies absolutistes,- il n'y a plus de représentation ni de <lélibcration collcctiYes, si cc n'est, parfois, aYec les délcgués militaires, ciYils, religieux, à titre de consultation. C'est le pouYoir exécutif qui, seul, représente la Yolonté collectiYc, lui seul délibére et agit. Il est cependant lui-même d'autant moins libre qu'il est plus absolu; il est lie étroitement par la tradition, le cén'.:monial, les rites, les coutumes et par ses propres dccisions antcrieurcs, qui prcparcnt la formation d'une jurisprudence; il est sccou/• et souYcnt renYersé par les conjurations, les rc,·olutions, les guerres. Les croyances politiques relatiYcs au caractere di\·in des royautés
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