La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

t'É\"Ol.CTIOX DES CROYAXCJ,S ET DES DOCTRIXES POLITIQL"ES 665 naturellement frappés, au contraire, <lu phénoméne plus superficiel mais plus apparent de leur diYersité, mais plus on approfondit la structure et l'éYolution de ces populations, plus on constate que œs oscillations et ces <lhiations se ramcnent à des moyennes d'institutions et de croyances à peu prcs identiques partout; les termes extrêmes des Yariations et des oscillations sont d'autant plus rares qu'ils s'éloignent <le ces moyennes, ù tel point que dans l'infinie quantité des faits on ne _risque gucre <le se tromper sm la structure et l'cYolution générale de l'humanité en négligeant ces Yariations pour s'en tenir aux faits ks plus nombreux, les plus ordinaires et les plus homogcncs. Cette constance des faits et des lois de l'histoire est la meilleure démonstration que les phénomcncs sociaux pcuYent faire l'objet d'une science, et, comme conséquence, qu'ils sont susceptibles d'une précision suffisante, résultant de cc que les mêmes antécédents doiYent nécessairement reproduire les mêmes conséquences. Ainsi, la connaissance de l'histoire deYicnt pour l'ayenir un puissant adjuYant des progrcs conscients dans les sociétés. L'unité et l'homogénéité fondamentales des structures sociales, principalement primiti\'es, dans tous les temps et dans tous les lieux, nous apparait au surplus comme un fait parfaitement naturel, si nous nous rappelons que cc qui imprime aux sociétés leur structure générale cc sont, d'un côté, le milieu physique ou géographique, de l'autre la constitution physiologique et psychique des unités humaines; or, les sociétés en général, et surtout les sociétés primitiYcs, reçoi,·cnt leur empreinte et leur direction des phénomcncs les plus simples et les plus généraux de cette double catégorie d'inAucnccs; ces inAucnccs sont précisément celles qui sont les plus semblables partout; il n'est donc pas étonnant que les premières formes et les premières pensées des sociétés se ressemblent. L'unité de leur point de départ résulte de l'unité des lois fondamentales de la nature inorganique et de l'unité physiologique et psychique de la nature humaine. Des populations, tant anciennes que modernes, classées sous le type général de populations prirnitiYcs ou sam·agcs, passons à des types plus considérables, plus différenciés et mieux organisés. Nous pouYons partager ces types en deux groupes distincts : le premier, sans relations connues a\'cc la Grèce antique et comprenant notamment le Pérou, le Mexique et la Chine. L'étude des croyances et des doctrines politiques de cc premier groupe est du plus haut intérêt; il permet une des applications les plus intéressantes de la méthode de comparaison a la science sociale. Si, en effet, l'éYolution des États dont s'agit est, dans ses termes moyens, la mèmc que celle des pays asiatiques et africains, aYec lesquels ils n'ont

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