LA RE\TE SOCIALISTE tribus, an:c toutes les supcrpos1t1ons amenées par les conquêtes; comme les chefs, les diYinitès elles-mêmes dcYicnncnt plus hautes et leur domaine plus etcndu. De même les formes communautaires prirnitiYcs, en rapport a\·cc la chasse et la pêche en commun, s'altercnt, clics se concentrent surtout territorialement entre les mains des dieux ou de leurs représentants, entre celles des chefs de clans, de tribus, de monarchies; les traYaux, d'abord identiques pour tous, se sont differcnciès; les plus forts, les plus intelligents se sont réscn·ès la chasse, la guerre, la direction n:ligieuse et ciYilc; les plus faibles, les femmes, les enfants, les prisonniers de guerre, sont Youès aux traYaux nécessaires pour l'entretien de tous, traYaux principalement pacifiques. L'obscn·ation générale :'t noter, c'est que, en même temps que la masse sociale s'est accrue, les parties de cette masse se sont diffërcncièes et en même temps coordonnées. Comme dans presque toutes les societes primitiYes modernes et antiques, cette extension, cette différenciation et cette coordination ont etc conditionnées par la guerre; il est naturel, et l'obserYation confirme, que la coordination sociale et notamment politique a dù aboutir necessairernent :'tune centralisation despotique ù la fois économique, familiale, religieuse et morale, juridique et, comme couronnement incYitable, politique. Il n'y a rien de pro\·idrntiel dans cc déYeloppcmcnt, il est le fait naturel des facteurs constants qui, dans l'humanité entière, :\ peu d'exceptions près, ont concouru ù la formation des sociétés. Une naie sélection naturelle a assuré, dans des conditions et des milieux hostiles, la SLlr\'i\'ancc des plus fortes sociétés militaires et dès lors aussi despotiquement centralisées, c'est-à-dire coordonnècs. li existe, il est nai, encore et il a existé des sociétés qui, par suite de circonstances exceptionnelles, ont échappe ù l'empreinte militaire générale qui a moulé la grande masse des autres; ces sociétés ne se sont malheureusement pas dé\·eloppées pour deux motifs : ou bien c'est leur isolement profond qui les a maintenues à l'abri des effets de la guerre, mais cet isolement même les a (montagnes, marécages, îles) réduites à l'inertie, ou bien, mises en contact aYcc des populations conquérantes, clics se sont réfugiées dans des parties inaccessibles et, dans cc cas encore, clics ont Ycgété dans leurs formes primitiYes, qu'elles nous permettent ainsi de reconstituer aujourd'hui. (Exemples: Santals, Bodos, Dhirnals, Esquimaux.) Cc qui frappe dans l'étude des institutions et des croyances sociales de toutes ces populations primitiYcs, tant anciennes que modernes, c'est, en dehors de l'immense \·arièté app:irentc et pour :iinsi dire nornin:ilc des formes locales, la monotonie et la constance réelles des mêmes phénomènes dans le même ordre et d:ins la même succession, tant statique que dynamique. Les premiers penseurs ont éte
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