t'E\'OLUTION DES CROYA~CES ET DES DOCTRI~ES POLITJQt:ES 66 3 de la horde constituée en une espt'.:ce de famille communiste étendue, composée elle-mème de plusieurs groupes (exemple: les Tasmaniens) (1). Au quatrième stade, plusieurs clans sont rcunis en tribu. Le clan consCr\'C sa forme communautaire et la tribu commence par se construire sur le même type. Mais des différenciations politiques apparaissent. Les chefs de clan forment parfois un conseil délibérant; cependant, partQut où la guerre est plus ou moins l'état permanent, et c'est malheureusement le fait le plus général, il y a tendance à la subordination du conseil des chefs de clan, c'est-à-dire du système de délibération collcctiYc à une autorité centrale, a\'CC un conseil ou sans conseil. La même évolution se manifeste dans la structure économique. Exemple : généralement les Peaux-Rouges et plusieurs populations de la Mélanésie et de l'Afrique. Le cinquième type est caractérisé par la formation de la tribu monarchique. Un chef se superpose aux chefs de clans; là où, i la suite des guerres, cette forme se fixe, les chefs en arriYcnt mèmc à ètrc choisis par le monarque. Il n'y a plus d'assemblées délibérantes; tout au plus, dans les circonstances extraordinaires, des conseils de guerre, des consultations de sorciers. Exemple : la Cafrerie (2). Sous cc régime, absolutiste dans la forme, la tyrannie du chef est tcmpérce et rcsserrcc dans des limites, au fond très étroites, par un cércmonial très rigoureux applique à presque tous les actes de la Yic, par les coutumes, les croyances, dont le chef est le premier cscla\'e. Un sixième type social comprend les petites mon:1rchics barb:ires qui englobent plusieurs tribus. Le Dahomey, le royaume des Achantis et celui de l'Ouganda en sont des spécimens remarquables. Le même rcgimc existe dans une grande partie de l'Asie, chez les Tartares, les Mongols et au Thibet, où il reYèt la forme thfocratiquc. Nous avons obser\'c que dans ces di\'crs types de structure sociale les formes économiques, famili:1lcs, religieuses, juridiques se dc\'cloppaicnt dans le même sens. Ainsi la confusion primiti,·c et géncralc du moi et du non-moi se transforme en croyance superstitieuse et en adoration grossière des esprits des morts, d'abord sans distinction entre ceux-ci; au-dessus de cette masse incohérente et confuse de morts supposés ,·iyants, d'abord pour un temps très court, en rapport avec la dnrce même de la mémoire primitiYc, s'élt'.:Ycinsensiblement le culte des morts ou des esprits supérieurs, chefs de famille, chefs de clans, chefs de (1) Letourneau, l'tvollllio11 politiq11e, p. 35 et suiv. (2) Letourneau, ibid., p. 65 et suiv.
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