La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

660 LA RF.\'t:E SOCIALISTE et aux tr,1Yaux considérés comme ignobles, bien que les plus indispensables à l'existence sociale. Cc qui reste de ces fausses obserYations d'Aristote, c'est la Yue profonde que les formes sociales sont préparées et moulées par les formes physiologiques et psychiques, de mèmc que ces dernières sont une combinaison supérieure des formes inorganiques plus simples. Déj:\ le corps humain nous montre une Yéritablc association d'indiYidualités cellulaires ; déjà il manifeste admirablement cette interdépendance et cette coordination de fonctions et d'organes dont les supcrorganismes sociaux ne seront qu'une extension spéciale et plus complexe. C'est l'organisation du système ncn·cux qui figure le mieux, comme un microcosme, l'image du monde social. La psychologie scientifique et la sociologie l'ont parfaitement reconnu (r). Cette préparation à la sociologie se trom·e non seulement dans les structures physiologique et psychique, mais dans leur fonctionnement et dans le produit de cc fonctionnement, c'est-à-dire les phcnomènLs émotionnels et ideaux. Les phè1101rn:nes psychiques de l'association des idées et des émotions, les phénomènes d'imitation, ceux relatifs ,\ la répétition en commun des mèmes habitudes, les phénomènes altruistes, les plus èleYès de b Yie psychique, tout cela est comme le laboratoire de la Yie sociale et sert de transition naturelle:\ l'étude de la sociologie, et par conséquent de la politique. Si la Yie physiologique et psychique, en général, est la hase de b Yic soci,1le, il est raisonnable d'admettre, comme Aristote l':wait compris (2), que les formes soci,1les humaines sont préparées par les formes sociales animales en gènér,11. Si donc au lieu de limiter cc traYail :\ l'étude des croy,mccs et des doctrines politiques, c'est-à-dire· d'un domaine trés p,uticulicr de la sociologie, nous l'.wions étendu à celle des institutions politiques, par exemple, l'introduction naturelle à cet essai aurait été l'étude des sociétés animales (3). Les oiseaux, les fourmis, les abeilles, les castors, les singes, les éléphants, les loups et les chiens nous donnent déjà des exemples de sociétés de types différents, plus complexes les uns que les autres: hordes errantes dont tous les indi"idus fonctionnent, en société, d'une façon homo 6 ènc, sans autre direction que celle imprimée par le milieu géographique, c'est-;\-dirc territorial et climatérique, en Llpport (1) ).lauù,l~y, Psycbologi,·de l'r.<J•ri/; A. Schiiflk, Ba111111dlebwder SocialeKorpers; H. Spcnccr, Pri11cipedse Sociologie. (2) Ari,tok, Polili<J11e, li ·. 1, chap. m, :: 6 et ï· (3) Espinas, Les Sociétésa11i111al;cs Houz.:.rn, Les Fawltis 111wlalesdes ,foim,wx; L. Buchncr, La Vicpsycbi<[IIdCe, bé/.:s; Hub~r, Le, Fo11r111i1is1digè11e.,, etc., etc.

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