L'E\'OLL'TIO~ DES CROYA~CES ET DES DOCTR[~ES POLITrQUES 659 plus limité, présentant chacune les caractères communs à un grand nombre de sociétés particulières. Ceci a été notre travail préliminaire, traYail qui n'a pas été le moins considérable, mais qui, nécessairement, doit rester ignoré et inapprécié du public. Nous avons suffisamment exposé ailleurs que la politique est une dépendance des sciences sociales antécédentes, notamment une dépendance directe de la morale et du droit qui, avec clic, ont pour objet commun la direction de la conduite sociale, et en outre qu'elle est une dépendance indirecte de toutes les autres sciences physiques et naturelles. En réalité, toutes les sciences, de mèmc que tous les phénoméncs sociaux, non seulement sont susceptibles d'une classification hicrarchique, mais elles sont agencées dans une structure d'ensemble, leurs fonctions et leurs organes agissent les uns sur les autres d'une façon dépendante les uns des autres. Ils constituent un corps, c'est-a-dire une structure à la fois organiquement différenciée et intégrée. Bien que la méthode positive soit la seule que nous estimons appropriée à l'étude des sciences sociales au mèmc titre qu'à l'étude de toutes les autres sciences naturelles, il n'en résulte pas nécessairement que le positiviste ne puisse jamais se tromper dans ses obserYations et surtout d:ms ses généralisations; non seulement une induction particulière inexacte ou une généralisation prématurée pcm·cnt directement vicier les conceptions sociologiq ucs, mais il en peut C:trc de môme de fausses notions relatiYcs aux sciences naturelles antécédentes, et notamment à la physiologie et à la psychologie. On peut rappeler a cc sujet l'exemple du plus illustre philosophe de l'antiquité, qui base la nécessité et l'utilité de l'csclaYagc sur une erreur physiologique grossière: << La nature mi'.:mc le Ycut, puisqu'elle fait les corps des hommes libres différents de ceux des esclaves » ( r). Heureusement, le remède des erreurs de la ml'.:thode positiYc est dans la méthode positiYe même, c'est-à-dire dans la science progressive. Yoilà une des supl'.:riorités des temps modernes sur la philosophie sociale et politique de l'antiquité et une première n'.:ponsc a la question s'il existe un progrés social. Cc progrès est incontestable dans les sciences particulières et dans leur philosophie générale. Dans le même ordre d'idées, la science moderne a rejeté l'erreur sociologique consistant à justifier l'escJayage, comme le faisaient les théologien~ catholiques a la suite également d'Aristote, par l'argument tiré de la séparation de l'.ime et du corps, celle-hi représentant les hommes libres et intelligents, naturellement Youés au gouYcrnemcnt du second, représentant la brute inintelligente, vouée a l'obéissance (r) Aristote, Politique, lh·. 1, chap. ir, § 14.
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