t'E\"OLt.:TION DES CROYAl\CES ET DES DOCTRI:--'ES POLITIQt..:ES 66 I aYcc leurs besoins les plus simples; sociétés a\"ec <le Yéritables castes, a\'CC l'esclaYage, aYec la <liYision <lu traYail, a,·cc une _royauté, a\'CC une direction, un gou\'ernemcnt. L'étude de ces sociétés animales permet d'affirmer que leur organisation n'est pas simplement mécanique, ni leur actiYité purement n'.:flexc mais, dans bien des cas, raisonnées. Il est constant, en effet, que dans bien des circonstances les membres de ces sociétés obYicnt a des Yariations, c'est-à-dire, à leur point de nie, à des accidents Yéritablemcnt impn'.:rns, par des traYaux ou des·actcs qui ne rentrent pas dans le cadre de cc qu'on est co1wcnu d'appeler leur instinct. Si nous rappelons ici ces sociétés animales, c'est pour en tirer cette obscrYation générale, applicable aux sociétés humaines rudimentaires pendant de tr.'.:slongues périodes : Nous 11eco1111aisso11s leur pc11sédeirectrice,c'cst-ù-direpolitique,que par leursactes,par leur strncture 111c1c1f1lewr orgai1isatio11c,'cst-ù-direpar leurs iustitutio11s. La contemplation interne du moi, chere à la psychologie spiritualiste, est é,·i<lcmment insuffisante pour connaitre la Yie psychique et sociale des animaux, aussi bien que des enfants, des fous, des criminels et des sociétés humaines primitiYcs; l'obscrrntion du moi par le moi n'a éYidemment que faire en cc domaine. Nous ne connaissons les croyances politiques des sociétés primiti,·es que par leur fonctionnement pratique, par leur structure, leurs institutions, leurs monuments, dans le sens le plus large de cc mot, par leurs usages et leur habitudes, et par certains rapports intellectuels que des Yoyagcurs ou obscn·atcurs plus impartiaux et cclairés ont pu aYoir a\'ec clics. Il est éYident que, dans ces conditions, il ne peut pas ètrc encore question de doctrines, mais simplement de croyances. Le caractère primitif général de ces croyances est l'incohérence et la confusion; clics ne sont déterminées que par les facteurs les plus généraux du monde extérieur et par la constitution physiologique commune des indi,·idualités. \'oil:\ les deux grandes ProYidcnces, tr.'.:s naturelles et fort peu mystérieuses, au moi,1s pour nous, qui président à la structure et au fonctionnement des premiéres formes sociales. H. Spencer ( r) a proposé une classification politique des sociétés, suiYant qu'elles sont plus ou moins sédentaires et que leur direction politique est plus ou moins fixe et permanente. Il nous semble que cette classification est à la fois superficielle et insuffisante. Conformément à nos études de sociologie générale, il nous paraît (1) Pri11cipedse Sociologie, t. 11, p. 135 et suiv.
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