La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

L'ÉYOLUTIO:\' DES CROYA:\'CES ET DES DOCTRI:\'ES POLITIQt.;ES 6) 7 Il conYicnt cependant de ne pas perdre de Yuc des diffi'.:renccs essentielles qui distinguent l'une de l'autre, et dont la plus importante n'.:sulte certainement de cc que, dans les Sociétcs, les unitcs composantes, c'est-à-dire tous les indiYidus, sont doués de scnsibilité et de conscience, tandis que les éléments organiques, physit]UCS et idéaux, dont le concours produit l'actiYité Yolontairc indiYiduelle, ne le sont pas, considérés isolément. Toutes les sciences sont le résultat, lentement et hlboricuscmcnt acquis, d'inductions, c'est-à-dire d'obscn·ations particuliércs et de génl'.:- ralisations tirées de ces obscrYations; celles mème qui sont, en apparence, deYenues déductiYes, telles que les mathématiques, ne font pas exception à cette régle; leur perfection seule permet, aYec moins de danger, l'emploi d'une autre méthode. Les religions et les mt'.:taphysiques, qu'dlcs le Yeuillcnt ou non, y sont soumises. Plus on s't'.:lèYc dans l'échelle hit'.:rarchique des sciences, plus les instruments d'obscrYation se perfectionnent; ainsi, si l'obscn·ation proprement dite a suffi pour faire, dès les :1ges les plus rccult'.:s, des mathl'.:- matiqucs et de l'astronomie des sciences plus parfaites que les autres, • nous Yoyons la ph_ysique et la chimie y ajouter un mode plus dt'.:licat : l'cxpt'.:rimentation; la physiologie y joindre l'usage plus frl'.:quent de b comparaison, et les sciences sociales la méthode historique. A mesure que la constitution d'une science nouYcllc supt'.:rieure se manifeste par l'emploi de mt'.:thodcs plus parfaites, en rapport ayec la complexité et la difficultt'.: croissantes Je kur objet, ces instruments perfcctionnt'.:s s'appliquent rétroactiYement aux sciences antéct'.:dentes et kur font effectuer des progrès Jans des directions de plus en plus spéciales. • En mème ten,_Js, par cette espèce de mutualité dans les méthodes, s'établit le lien logique commun entre toutes les sciences spt'.:cialcs, lien logique qui n'est que le reflet de leur unité matérielle et organique rt'.:elle, momentant'.:mcnt mt'.:connuc par la faiblesse de nos intelligences. La politique est une science. Il existe une masse innombrable de phfoomènes sociaux ayant· comme caractère commun d'être tous spécialement relatifs ù la façon dont les sociètés n'présl'llle11t, dt!libi:re11/,'l.'eule11! cl exécute11/ leurs besoins et leurs désirs communs, d'une manière consciente ou non. CC's phénomcnes de repn'.:sentation, de daibèration, de Yolition et d'exccution sont en rapport, dans la structure de toutes les socictés, aYec des fonctions qui ont des organes appropriés. L'obsei·Yation nous montre que ces phènomèncs, ces rapports, ces fonctions, ces organes font pa11ie d'une structure sociale d'en- .semble dont ils sont le complément et le couronnement, comme le systt'.:me nerYeux et le cerYeau le sont du corps indiYiducl. 42

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