La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

I~TRODvCTIO~ A LA « MORALE SOCIALE » arriYcra ;\ se nier clic-même, c'est-à-dire à abolir, par la Yictoirc du prolétariat, l'antagonisme de classe qui a été l'histoire 1rn:mc, comme, par consequent, l'humanité, réconciliée avec elle-même en un monde harmonique de production, éclatera enfin dans son unité et sa bcaute, le mouYement économique lui-même nous amene i cette inéYitable question : Qu'est-cc que l'humanité? Peut-on saisir en elle, au travers de son douloureux développement, des facultes profondes? Par quelle racine ces facultés tiennent-clics au reste de la nature et à l'uniYers? Et voilà comment la' route solide et résistante que Marx a tracée à traYcrs l'histoire, et sur laquelle le prolétariat uni\'ersel s'ayance avec certitude vers la Yictoirc prochaine, aboutit, elle aussi, comme un chemin brusquement interrompu par la mer, aux Yastcs abimes des questions mouvantes et illimitées. C'est le mouvement économique même, tel que Marx le conçoit, qui, à son dernier proces, aménera l'humanité affranchie de la lutte, de l'antagonisme, de l'inconscience épaisse, à se poser dans des conditions nouvelles le vieux probléme : Que suis-je dans le Tout? Et lorsque Malon, dans l'ordre des questions morales, souléYe le probléme, il n'est point nécessairement infidèle à la méthode du socialisme scientifique et éYolutif. Peut-être l'antagonisme de la conception idblistc et de la conception matérialiste du monde et de l'histoire sera-t-il résolu en harmonie comme les autres antagonismes par l'aYénement de l'ordre socialiste. C'est sous le pressentiment de cette synthése qu'a été écrit le livre de Malon, et c'est L\ œ qui en fait, à mon sens, la plus reclle Yalcur.

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