La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

60 LA REVUE SOCIALISTE co111pétence en matière de change est indéniable, que les chiffres indiqués plus haut ont été puisés. Un article communiqué à la pre~se peq>ignannaise par M. Mitja- \"ile, 111airede Cerbère, qui dirige la maison la plus importante de la frontière franco-espagnole pour les opérations d'agence en douane. exposera également avec autorité les effets réels de l'application du tarif douanier et de la différence du change pour l'importation des vins d'Espagne en France. Voici la communication très instructi\'e du maire de Cerbère : >' Dans un article paru dans l'Eco11omisleeuropéen qui a été fort remarqué dans notre région, M. Edmond Théry examine les conséquences du change dans les relations internationales; et après avoir fait ressortir qu'un hectolitre de vin d'Espagne à dix degrés revient environ a 15 fr. 04 sur la frontière française, il s'écrie : « Comprend-on maintenant pourquoi nos vins du midi sont à un >' prix dérisoire, et pourquoi les viticulteurs du Gard, de !'Hérault, de " l'Aude et des Pyrénées-Orientales réclament si énergiquement aide et >' protection au Gouvernement? >' " Permettez-moi de 111'élever contre ces conclusions qui tendent encore à égarer l'esprit public en attribuant aux importations des vins d'Espagne la mévente de nos vins. >' M. Edmond Théry, avant de lancer son réquisitoire contre les vins d'Espagne aurait dû, en savant économiste qu'il est, examiner si Jes statistiques ne venaient pas contredire ses affir111ations. » Lorsque l'on voit les quais de Cette et ceux de cette immense gare de Cerbère, où des sommes considérables ont été dépensées en aménagements divers pour recevoir le trafic des vins d'Espagne, lorsque l'on voit tous ces quais nus, déserts, on se demande comment peuvent se tromper à ce point les économistes qui poussent encore à une aggravation dans le régime commercial établi avec nos voisins! >' Mais tous ces représentants de nos diverses Sociétés qui doivent leur situation à leur in,telligen ce et à leur déYouement aux intérêts agricoles ou commerciaux des· Pyrénées-Orientales peuvent-ils, après cette expérience du nouveau régime douanier qui remonte à dix-huit mois, attribuer aux vins d'Espagne le marasme dans lequel se trou\'e notre département? » L'honorable M. Cazes, président de la Chambre de commerce de Perpignan, qui traite lés questions économiques avec une si grande compétence, peut constater par les tableaux statistiques publiés par notre Chambre consulaire que ces importations sont devenues à peu près nulles par rapport aux importations des années 1888, 1889, 1890, 1891. » Veut-on des chiffres?

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