LA MÉVENTE DR VIN » Voici le relevé des importations par la gare de Cerbère : »En 1888, 1,040,600 hectolitres; en 1889, 737,2oohectolitres; en 1890, 712,300 hectolitres; en 1891, 594,000 hectolitres; en 1892, 144,910 hectolitres; en 1893, 66,ooo hectolitres. » C'est-à-dire qu'on importera cette année 75,000 hectolitres à peine, au lieu de 1.040,600 en 1888 et nos vins se vendent aujourd'hui dans des conditions plus mauvaises qu'alors. » Pour l'année courante nous relevons, dans le mois d'octobre dernier, une importation de 2.600 hectolitres, alors qu'elle aYait été en octobre 1892 de 12,000 hectolitres. Les droits et les tarifs sont restés les mêmes pendant cette période. Or, le change était en octobre 1892 de 15.25 °/ 0 , tandis qu'il s'élevait en octobre dernier à 2 1 . 50 : cependant nos importations baissent de 75 p.'-0/o alors que d'après M. ·_Théry elles devraient augmenter dans la proportion de l'augmentation du change. Cette même baisse se fait sentir_dans les importations par Cette. » Recherchons -donc ailleurs les causes de cette mévente et ne les attribuons plus à des importations que les tarifs douaniers empèchent assez, hélas! pour favoriser les fabrications intérieures. » Si paradoxal que cela puisse paraitre, nous affirmons que les vins d'Espagne étaient pour quelque temps encore nécessaires à nos vins. » Nos commerçants avaient pu avec beaucoup d'efforts, dans ces dernières années, conserver leur clientèle, grâce à ces vins qui leur permettraient, par des coupages, d'écouler les vins de Rousillon et de conservêr à ces derniers leur ancienne et légitime réputation. Les impJrtations espagnoles s'étant arrêtées par l'effet de l'élévation des droits, notre commerce s'est trouvé gêné et les marchés où il pouvait fournir tjes vins naturels riches en alcool lui échappent. » Les droits de douane ont ainsi constitué une prime à la fabrication des vins artificiels et à la fraude sur les alcools. » VOILA LA VÉRITÉ! et il faut le proclamer bien haut. C'est cette fabrication et cette fraude qui arrêtent l'écoulement de nos vins. » Grâce aux raisins secs, grâce au privilège des bouilleurs de cru, le commerce des vins artificiels a pris dans ces derniers temps un grand développement et ce n'est plus aux fournisseurs des vins d'~s- •pagne ni à ceux des vins du Midi que s'adressent les consommateurs et leurs intermédiaires du Nord, du Centre et de l'Est depuis que ces productions interlopes leur sont offertes à des prix dérisoires. >> Nous sommes heureux de constater que la Chambre de Corn-' merce, sur l'initiative de son distingué président, a déjà reconnu ce danger. Aidons-la à le faire disparaitre. » Qi.1e des laboratoires soient établis à l'intérieur comme ils existent pour les produits de l'étranger; que la Régie, tant que cette ins-
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