La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA MÉVENTE DU VIN 59 en Hollande 102 , ' )) en Italie l 1 3 en Russie 153 02 - en Suisse 100 07 Il est bien évident qu'avec une cote pareille, l'importation de vins d'Autriche-Hongrie, d'Espagne et d'Italie réalise sur le change un bénéfice qui le dédommage largement de la taxe douanière à payer pour leur entrée en France. Même avec l'application du tarif maximum de 1 fr. 20 par degré alcoolique et par hectolitre de liquide, la taxe douanière devient une quantité négligeable par suite de l'élévation des changes. Le papier et l'or français sont beaucoup plus recherchés et par conséquent plus chers en Portugal qu'en Espagne; la prime de l'acheteur de vins portugais pour la consommation française dépasse 30 o/o. La prime offerte aux marchands de raisins secs, les plus terribles -concurrents de la viticulture méridionale, a tourné en dérision les tarifs de la douane française. Qµe devient la taxe de 15 francs au minimum ou de 25 francs au maximum par cent kilogrammes de raisins secs introduits en France, lorsque le change en Grèce c'est-à-dire au pays exportateur, constitue une prime de 80 o/o? Il ne faut donc pas s'étonner si les viticulteurs du midi réclament une majoration des droits de douane sur les marchandises originaires des pays où l'élévation du change modifie complètement, au préjudice de la production nationale, les conditions économiques établies par le législateur pour protéger l'agriculture et l'industrie françaises. Mais les viticulteurs du midi qui dénoncent avec raison les troubles et les revirements é!pportés par le change dans le commerce international feraient bien de remarquer que, malgré les primes énormes offertes par le change, l'introduction des vins étrangers en France devient de plus en plus nulle. VIII INSUFFISANCE OU INUTILITÉ DES TARIFS PROTECTEURS DOUANIERS Pour répandre avec impartialité et de la façon la plus large le plus de lumière possible sur la question des effets de change, il est nécessaire d'enregistrer à côté des protestations du viticulteur, les observa - tions du commerce qui ne peut exister que par des échanges internationaux. C'est dans les notes publiées par le président du meeting des _viticulteurs roussillonnais, M. Gustave Cazes, qui est banquier, et dont la

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