THÉATRE dans ùne ardente volonté de faire le bien, il consent au sacrifice naguère jugé inacceptable. Voilà une notation d'observateurs perspicac.es, de judicieux psychologues. Sans doute, jls exagèrent un peu l'inOuencedu caprice, pour le mieux montrer. C'est une des nécessités du théàtre. mais comme cette inOuence, souvent inconsciente, est vraie? Combien d'aventures sociales ne sont parfois déterminées que par des mouvements d'humeur! Pascal l'a dit : « Si le nez de Cléopâtre avait été moins long, la face du monde ·aurait été changée». Quels résultats n'ont pas eu les irritations ou les jo\es momentanées des Césars? Penser que des sourires· de courtisanes ou une névrose de roitelet bouleversent l'Evolution normale du monde ! Comme la toute puissance du caprice explique bien l'incohérence inexplicable de certain faits sociaux qui choquent par leur manque de logique et de nécessité ! Le bonheur, la liberté, la vie des êtres ne dépendent parfois que d'une passion qui se satisfait ou s'exaspère. Comme cela rend s--eptique sur la rationnelle ordonnance des phénomènes sociaux! Dans leur ensemble, il est vrai, ils apparaissent assez coordonnés et produits comme par un agencement fatal, et cela permet d'établier une logique philosophie de !"histoire, encore que les savants voient un peu trop un enchaînement logique là où il n'y a souvent qu'accidents, bizarreries et cas fortuits. o·ailleurs Je bonheur des hommes, en un temps donné, n'est pas fait du total de··ces vastes enchaînements, il resulte de petits événements immédiats dont la cause est souvent futile et la succession démente. Pour que la Société se modifie dans le sens de la logique et de la justice, il faut donc que l'humanité se réforme. C'est la conclusion que nous devons tirer de la pièce de MM. Adam et Mourey. Elle est noble par sa signification comme par ses tendances. Leurs idées morales ont pour protagonistes des êtres très vivants, d'une conception bien moderne. Et si nous ne pouvons pas nous rallier au pessimisme de leurs prophéties terminales, nous qui croyons que l'humanité commence à peine et que nous sommes à une aube de _justice, nous sommes néanmoins émus par l'éloquence de cette péroraison qui témoigne d'une tristesse sincère devant la misère : SINESIUS « Le temps sera bientôt où la charité ne suffira plus : la haine du peuple lèvera comme une moisson de miracle, et il n'y aura plus de faucille assez forte pour la couper. Voici la vérité qui frappe : les illusions du monde vieilli s'évanouissent. L'hiver de l'humanité menace. LUCE Verrons-nous jamais le renouveau?
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